Au sommet du G7 au Canada, le chef de l’État a fait part de la volonté européenne de durcir les sanctions économiques contre Moscou. Les États-Unis privilégient le dialogue avec Vladimir Poutine.

Le président français Emmanuel Macron a appelé lundi à «aller beaucoup plus loin dans les sanctions» contre la Russie en soutien à l’Ukraine, lors d’un point presse depuis le sommet des dirigeants du G7 dans les Rocheuses canadiennes. Les Européens qui veulent durcir les sanctions contre Moscou se heurtent au président américain Donald Trump, qui compte au contraire sur son dialogue constant avec Vladimir Poutine pour mettre fin aux hostilités et n’a pas caché lundi son scepticisme face à cette option.

Lors d’une halte au Groenland avant de participer au G7, Emmanuel Macron avait déjà fait part de sa volonté de discuter des sanctions avec le président américain. «À mes yeux, la question est de savoir si le président Trump est disponible à mettre en avant des sanctions beaucoup plus fortes à l’égard de la Russie si elle refusait de répondre à la proposition» de cessez-le-feu en Ukraine, avait affirmé le chef de l’État.

«La force est le seul langage que la Russie va comprendre», a récemment martelé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, au moment de proposer d’abaisser de 60 à 45 dollars le plafond du prix de vente du baril de pétrole russe. «Notre message est très clair : cette guerre doit cesser. Nous avons besoin d’un véritable cessez-le-feu et la Russie doit venir à la table des négociations avec une proposition sérieuse», avait-elle ajouté.

Pétrole, banques et pétroliers «fantômes»

À la mi-mai, les Européens avaient promis des sanctions massives si la Russie persistait dans son refus d’un cessez-le-feu sans conditions, dont l’Ukraine a déjà accepté le principe. Ce nouveau paquet de sanctions, le 18e depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine il y a trois ans, doit encore être approuvé par les 27 à l’unanimité. Deux États membres, la Hongrie et la Slovaquie, ont déjà exprimé leurs réticences. Le plafond de 60 dollars le baril avait été fixé par les pays du G7 en décembre 2022. Pour être pleinement efficace, le plafond doit à nouveau être décidé par l’ensemble des sept pays les plus industrialisés.

Dans le cadre de ce 18e train de sanctions, l’Union veut ajouter 70 pétroliers «fantômes» à sa liste de navires déjà utilisés par Moscou, qui compte actuellement quelque 400 noms. L’UE envisage en outre d’ajouter 22 autres banques russes à sa liste d’institutions financières privées d’accès au marché international des capitaux via le système Swift. Elle veut aussi ajouter d’autres sociétés, y compris de Chine, à la liste noire de celles qui aident l’armée russe à contourner les sanctions déjà en place. La Commission européenne prévoit également de nouvelles sanctions contre le gazoduc Nord Stream, à l’arrêt actuellement, pour être certaine qu’il ne puisse pas être réactivé