Le collectif de riverains opposés à l’écocentre, la plateforme de recyclage de déchets de chantiers situé sur l’île de Nantes, tire à nouveau la sonnette d’alarme, alors qu’un nouveau pic de pollution aux particules fines, encore jamais atteint, a été enregistré ce mardi 24 juin, dépassant même le seuil d’information.
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Ces derniers jours, et particulièrement ces dernières heures, le collectif des riverains Stop Ecocentre a l’œil rivé sur les mesures prises par Air Pays de la Loire. « Ce matin (mardi), on a atteint un niveau record avec un pic de particules fines de 242 µg/m3 relevé à dix heures alors que le seuil d’alerte est à 80 µg/m3, donc là, on est trois fois supérieur au seuil d’alerte », lâche Emilie Silantieff, qui habite à quelques encablures du chantier.
C’est un nouveau record de pollution aux particules fines qui vient d’être enregistré dans le quartier Prairie-au-Duc à Nantes, à proximité de l’écocentre, une plateforme de recyclage des déchets issus des chantiers de construction de l’île de Nantes.
Si le record est établi, le seuil d’alerte se calculant sur une moyenne des dernières 24 heures, il n’est pas encore franchi. Mais Emilie n’en démord pas, « sur la période de fonctionnement du chantier, de 7h à 16h, on était clairement au-dessus du seuil d’alerte, au moment où les enfants jouent dans la cour d’école, sans oublier qu’il y a aussi une crèche qui est à proximité immédiate de ces travaux ».
Ce qui est sûr, c’est que le seuil d’information et de recommandation de 50 µg/m³ a bien été atteint, sans que la population n’en soit informée ni que des dispositifs de protection soient mis en place.
Ce qui nous alerte, c’est le fait qu’il n’y ait justement pas d’alerte. Ce qu’on craignait se réalise : tout le dispositif mis en place, comité de suivi, discussion avec la Samoa, n’a pas pour effet d’enclencher les bons leviers d’alerte et les populations ne sont pas averties du tout
Paul-Anthelme Adele
Membre du collectif de riverains Stop Ecocentre
« Une dégradation de la qualité de l’air aux particules fines a été enregistrée ces derniers jours sur la station Air Pays de la Loire positionnée depuis plusieurs mois au pied des immeubles du Boulevard de l’Estuaire, et dont les résultats sont diffusés en direct sur le site site Air Pays de la Loire », précise la Samoa, qui définit la stratégie globale d’aménagement de l’île de Nantes.
« Ces pics de pollution n’ont pas été observés par les capteurs situés au niveau de l’ecocentre, temporise-t-elle. Cette pollution est liée aux conditions climatiques et devrait être ponctuelle ».
Selon le collectif Stop éconcentre, cette pollution atmosphérique semble directement liée aux excavations de terres polluées provenant des anciennes voies ferrées, actuellement en cours pour l’aménagement du jardin de l’Estuaire, à moins de 20 mètres de la crèche La Toupie Magique.
« Quand le projet d’écocentre est arrivé, nous avons demandé des garanties auprès de la Samoa, l’ARS, la préfecture et le département et tout le monde nous a donné ces garanties. Je n’explique pas ces taux élevés et j’espère que le process a bien été respecté », explique Adel Fernane, président de la crèche.
« Vu que c’est au niveau des anciennes voies ferrées, il doit y avoir tout un tas d’hydrocarbure et on peut penser aussi des métaux lourds. J’ai pris des photos et on voit bien qu’à l’endroit où la terre a été creusée, il y a une partie qui est couleur jaune sable et en surface, c’est de la terre qui est totalement noire, signe de contamination », déplore Emilie Silantieff.
Dans cette vidéo, prise ce mardi matin par un particulier, toutes ces terres sont transportées sans bâchage jusqu’à l’écocentre voisin, ce qui favorise la dispersion de poussières, déplorent les riverains.
durée de la vidéo : 00h00mn30s

C’est un nouveau record de pollution aux particules fines qui vient d’être enregistré dans le quartier Prairie-au-Duc à Nantes, à proximité de l’écocentre, une plateforme de recyclage des déchets issus des chantiers de construction de l’île de Nantes
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©Collectif Stop Ecocentre
La Samoa, de son côté, affirme qu’elle procède au « bâchage systématique de tous les camions pour le transport des matériaux volatiles y compris pour des trajets courts ».
Le collectif déplore également les tas de terre entreposés sur le site qui ne sont ni bâchés ni arrosés, « contrairement aux engagements pris publiquement par l’entreprise Brezillon et par la Samoa », insiste le collectif Stop Ecocentre.
La Samoa affirme là aussi qu’elle met « en place (des) mesures d’atténuation » avec un « dispositif de brumisation pour les zones de chantiers afin d’éviter la propagation des poussières ».
« Je suis très inquiet pour mes enfants. Au bout de 12 ans d’écocentre, est-ce que mes enfants ne déclencheront pas des cancers quand ils auront 40 ans ? », s’interroge Paul-Anthelme Ademe, riverain et enseignant chercheur en droit de la santé.
Pour Nicole Lacorne, 76 ans, qui habite le quartier depuis deux ans, c’est un spectacle de désolation qui se joue sous son balcon. « Ce chantier, j’en suis malade, j’y pense tous les jours. On respire de la cochonnerie sans arrêt, je suis en train de m’intoxiquer tous les jours un peu plus », se désole la vieille dame, qui pensait trouver ici un écrin de verdure avec la construction de ce Jardin de l’Estuaire. « Une supercherie » ajoute-t-elle.
Le collectif Stop Ecocentre demande à la préfecture de Loire-Atlantique d’intervenir en urgence pour assurer la protection de la santé des enfants et des habitants du quartier.
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