Il reste 8 dixièmes de seconde à jouer. La France est menée 63-65. Iliana Rupert est sur la ligne des lancers francs pour arracher la prolongation. Elle marque le premier mais rate le second. L’Espagne s’impose et la France est sortie en demi-finale de l’Euro. L’épilogue est terrible, triste, déchirant, mais méritait-elle mieux ?
L’équipe de France ne participera pas dimanche soir à sa 11e finale dans un championnat d’Europe. Elle devra se contenter dans l’après-midi de la petite finale que personne ne veut jouer. Elle connaîtra son adversaire dans la soirée à l’issue de l’autre demi-finale entre la Belgique et l’Italie.
Contrairement au début du tournoi, les filles de Jean-Aimé Toupane invaincues depuis la finale olympique contre les États-Unis n’ont pas maîtrisé le match le plus important du tournoi. Elles ont raté le match qu’il ne fallait pas perdre.
Pendant une mi-temps, les Bleues invaincues depuis la finale des Jeux ont pourtant eu la main sur une partie qui n’a jamais été simple. Il est vrai que leurs adversaires du jour étaient d’un calibre bien au-dessus de tous ceux précédents, qualification et phase finale confondues.
Les Espagnoles se sont d’abord accrochées (18-18, 10e) avant que les vice-championnes olympiques se donnent un peu d’air à la pause (38-31). Pas assez toutefois pour s’endormir sur des lauriers grecs pour les 20 dernières minutes. Surtout pas.
Au stade de la Paix et de l’Amitié, au Pirée, les Françaises ont essayé au retour des vestiaires de ne pas laisser les Ibères prendre confiance. Ça n’a pas très bien fonctionné. Elles ont certes pris 10 points d’avance (43-33, 23e). Mais les Espagnoles accrocheuses n’ont jamais été distancées. Bien trop peu adroites à 3 points, les Bleues n’ont pas réussi à faire le trou pour avoir une fin de partie confortable.
Soudain atones en attaque, trop peu adroites à 3 points (5/30), elles se sont en fait éteintes d’un coup. Les Espagnoles en ont profité, sont revenues et ont pris l’avantage avant le début du money-time (46-49) après un mauvais troisième quart temps (8-13) tricolore. Il fallait réagir, et vite. Ce n’est pas ce qui est arrivé.
Au maximum de la tension, le match est devenu intense, indécis, compliqué, étouffant. Les Espagnoles sont restées devant, les Bleues au contact mais sans réussite. Jusqu’à cette dernière seconde où tout aurait pu basculer. En vain.
C’était le 67e France – Espagne l’histoire. Les Bleues mènent toujours la confrontation 34-33 mais cela n’a aucune importance à cet instant. L’Espagne reste la grande bête noire du basket français, hommes et femmes ensemble.