Oubliez le Covid, les crises énergétiques, l’inflation qui, ces dernières années, ont sévèrement affecté l’activité économique de Bordeaux et tout particulièrement le commerce, secteur figurant en tête des liquidations judiciaires prononcées par le tribunal de commerce. Fort de plus de 9 000 commerces et services marchands – qui malgré les cessations d’activités se renouvellent – le secteur reste « le pilier de la vie économique, sociale et urbaine », déclare Patrick Seguin. Mais « il doit prendre un nouveau départ », poursuit le président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) Bordeaux-Gironde. Face à la concurrence agressive de la vente en ligne et alors que les modes de consommation ont évolué, c’est même « un marathon qui nous attend et que tous ensemble nous devons gagner ».
Vendredi 27 juin, c’est donc « à une nouvelle ambition » que Pierre Hurmic a invité la centaine de commerçants présents à l’Hôtel de Ville. Quitte à passer « au-delà des compétences qui sont les nôtres », assume le maire de Bordeaux. Avec cette conviction que « c’est à nous, élus, de rendre la ville plus agréable à vivre pour que le chaland retrouve le chemin de nos commerces ».
Inventer le commerce de demain
Pour ce faire, la Ville a confié depuis l’été dernier à l’agence LA ! , spécialiste de la revitalisation des cœurs de villes, le soin d’établir un diagnostic fin de l’offre commerciale bordelaise comme de l’évolution de ses zones de chalandise, soumises elles aussi aux variations démographiques. Objectif affiché par David Lestoux : « Réinventer un modèle commercial. » « Mais pour que ça marche, il faut que tout le monde suive », prévient le sociologue et urbaniste.

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La Ville, associée à la CCI, déploie, autour de 30 propositions, un Plan d’actions pour le commerce, afin d’accompagner les professionnels dans les changements sociétaux et économiques. Fini « de travailler chacun dans son coin » ; élus municipaux et consulaires appellent à la création d’un Office du commerce, dont la CCI « revendique le pilotage au regard de ses missions régaliennes » prône Patrick Seguin. Cette vitrine, à l’instar de l’Office du tourisme, valorisera les atouts et singularités du commerce bordelais, et prendra corps, d’ici fin juillet, autour d’une commission.
« Une destination commerciale »
À sa disposition, une vaste boîte à outils pour accompagner la transmission des commerces, développer la logistique de proximité mais aussi agir sur les loyers commerciaux « pour les adapter aux capacités financières » de chaque enseigne. Il lui reviendra aussi de veiller à l’évolution de l’offre en vue de maintenir un bon équilibre entre les différents secteurs d’activité comme leur répartition par quartier.
L’avenir du commerce bordelais dépendra aussi de la capacité de tous à se fédérer autour d’une volonté partagée faisant de Bordeaux « une destination commerciale ». Le projet, s’appuyant sur « une identité visuelle commune » étant d’imprimer dans l’esprit des consommateurs l’idée « qu’il n’y a qu’à Bordeaux que je trouve ça », résume David Lestoux. Et pour que « l’effet waouh de Bordeaux », mis en avant par Patrick Seguin fonctionne, Pierre Hurmic sait devoir travailler sur « un environnement propre et sécurisé » de la ville comme « multiplier les activités qui font venir du monde à Bordeaux ». Les commerçants n’en attendent pas moins de leur maire.