Par

Rédaction Clisson

Publié le

28 juin 2025 à 13h30

Fait inattendu, c’est Pierre Laury, le propriétaire du centre commercial Pôle sud à Basse-Goulaine qui a interviewé Michel Hazanavicius, dans le cadre du festival Culturissimo dans les espaces culturels du groupe Leclerc, qui propose plus d’une centaine d’événements gratuits dans toute la France (lectures, concerts, ciné-concerts, et rencontres avec des artistes de renom tels que Denis Podalydès, Julie Depardieu, Guillaume de Tonquédec, Laurent Stocker, Gaël Faye…).

Il a remplacé au pied levé le présentateur prévu pour ce rôle. Ce n’est pas le réalisateur qu’il a questionné mais l’écrivain.

Il y a trois ans lors du début de la Guerre en Ukraine, j’ai décidé de lancer une vente aux enchères. Grâce à mes sollicitations, j’ai, ainsi, récolté 250 000 € qui ont été intégralement versés à l’association United 24, qui a été créée par le président Vladimir Zelensky pour la défense et à la reconstruction de l’Ukraine. À la suite de cette action, j’ai été nommé ambassadeur français de cette association, avec pour mission la réhabilitation d’un immeuble de Kiev. Ce qui m’a occasionné plusieurs déplacements vers cette ville. Et c’est au cours de l’un d’eux que j’ai fait la connaissance de Kolya, chanteur très célèbre qui s’est engagé dans l’armée. Il y a fondé Les Forces Culturelles, une unité qui se déplace sur le front pour y produire des spectacles. Un jour, ce dernier est venu à me demander si cela m’intéresserait d’aller rencontrer ceux qui se battent, là où ils se battent ; et, j’ai accepté. 

Michel Hazanavicius pour expliquer la genèse du projet

C’est ainsi qu’en novembre 2023, Michel Hazanavicius est parti dans le Donbass, aux environs de Kramatorsk, avec des carnets moleskine, des crayons et un téléphone portable. C’est, environ, une trentaine de soldats qu’il a rencontrés et pour lesquels il a écrit à chacun un paragraphe du livre.

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Si chacun à son histoire, ils ont des points communs, notamment cette ferveur en la victoire finale. Notamment l’abnégation pour ne pas finir sous le joug des Russes : ils sont surnommés les Orques.

Michel Hazanavicius

De précieux témoignages

Parmi eux, Olga 24 ans. Cette ceinture noire en karaté, pratiquante en boxe et kick-boxing est aussi cheffe d’orchestre et violoniste émérite. 

Elle n’a pas hésité à s’engager, le 24 janvier 2022, quand elle a entendu les premières bombes, commente Michel Hazanavicius. Elle n’a rien dit à sa mère et sa grand-mère. Depuis, elle a été blessée cinq fois. Elle parle avec une espèce de sourire intérieur, elle n’a aucun regret ni aucun état d’âme.

D’ailleurs, on a pu la voir sur les marches de Cannes avec d’autres soldats, tous en treillis : des membres des forces culturelles de Kyola que l’auteur a accompagnées.

Il a également pu échanger avec le maire d’Irpine.

C’est quand même un truc bizarre dans une vie de devoir faire la guerre. Jamais je n’aurais pensé que ça pouvait m’arriver.

Confia le maire à l’écrivain

Mais aussi Isotope, commandant d’une brigade qui lui a expliqué :

Tous les jours il y a des morts dans la brigade. Du coup, j’ai parfois un peu de mal à comprendre les problèmes des civils.

Michel Hazanavicius estime avoir été bien perçu par ces soldats, car il venait en tant que témoin, sans caméra. En revanche, il a pu prendre photos à partir desquels il a dessiné des visages. Une acceptation des soldats par les cadeaux offerts, tels que leurs insignes d’épaule et autres objets aux couleurs et dessins correspondants à leurs unités. Le livre en est un autre en retour.

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