« Encore les rôdeurs ! » s’alarme Le Petit Journal du 14 août 1904. Depuis plusieurs mois, les Apaches, groupes de jeunes délinquants, sèment la terreur dans les rues parisiennes (et surtout dans les journaux). À coups de poing et de couteau, des rixes éclatent dans les quartiers. Cette engeance, à qui la presse a collé ce surnom amérindien, nourrit le débat sur la peine de mort. « La prison n’effraie pas les Apaches, la guillotine les épouvante », lit-on dans la revue en 1908.
Était-ce, pendant la Belle Époque, bien sage de s’aventurer dehors à la nuit tombée dans les grandes villes comme Paris ? Arnaud-Dominique Houte, historien et auteur d’un passionnant livre sur la peur et la violence, ose une réponse de Normand : « Ça dépend des endroits où vous vous aventurez. Le Paris de la Belle Époque n’est plus une ville considérée comme très dangereuse, sauf, bien sûr, dans certains quartiers où la bourgeoisie ne s’aventure jamais. »
Délinquance dans la Ville Lumière
De quoi les Français ont-ils alors peur ? Des attentats anarchistes qui secouent les grandes villes, des vagabonds et des mendiants qui hantent les rues. Depuis la seconde moitié du XIXe siècle, les pouvoirs publics s’acharnent à réduire leur nombre, ou du moins à les repousser loin des quartiers fréquentés, vers les périphéries de la ville.
En revanche, le phénomène des Apaches inquiète la presse et les Parisiens : groupes de délinquants juvéniles, ils incarnent la figure du danger urbain. Les journal […] Lire la suite