Publié le 03/07/2025 à 16h57
Écrit par Loreena Duret
Un attentat masculiniste a été déjoué à Saint-Étienne et un jeune homme a été mis en examen mardi 1ᵉʳ juillet 2025. Laetitia Curretti, originaire de Vaulx-en-Velin et maman d’un adolescent de 13 ans, se mobilise pour dénoncer la misogynie en ligne. Elle est en colère de l’inaction des pouvoirs publics.
Société
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La misogynie menace-t-elle aujourd’hui de tuer ? Un jeune homme de 18 ans a été mis en examen le mardi 1er juillet 2025 à Saint-Étienne (Loire) pour avoir tenté de commettre un attentat masculiniste près d’un lycée public. L’adolescent se revendique de la mouvance « incel », qui signifie « célibataire involontaire », selon eux, leur célibat est lié au fait que les femmes ne veulent pas d’eux. Ils développent alors une haine du genre féminin et des féministes.
Sur les réseaux sociaux, les contenus masculinistes pullulent, et les jeunes garçons tombent rapidement dessus. Cette problématique, Laeticia Curretti, une mère de famille originaire de Vaulx-en-Velin, près de Lyon, la connaît bien. Il y a quelques mois, elle a lancé une pétition pour que la mini-série Netflix Adolescence, qui traite de ce sujet, soit diffusée dans les établissements scolaires. Elle avait finalement été entendue par la ministre de l’Éducation, Élisabeth Borne, qui l’avait autorisée.
La notion de masculinisme et de misogynie n’est pas nouvelle, notamment sur les réseaux sociaux. Laetitia qui travaille dans le monde des jeux vidéo et d’internet depuis près de 15 ans, en a été victime et témoin à de nombreuses reprises. « C’est une catastrophe ce à quoi les jeunes ont accès, c’est véritablement dangereux » clame-t-elle.
Des menaces et des commentaires misogynes d’hommes j’en ai autant que de cartes Pokémon.
Laetitia Curretti
Mère de famille rhodanienne
Image dégradante de la femme, conseils de drague misogyne, déformation physique… Les contenus masculinistes sont divers et variés, et les vidéastes profitent de la vulnérabilité de jeunes en souffrance pour vendre des formations et marteler leurs doctrines. L’attentat déjoué à Saint-Étienne n’est pas une surprise pour la mère de famille : « Je suis en colère, ça fait dix ans que l’on prévient et que rien n’est fait. Dans les mois à venir, on risque d’avoir un drame. Il en faut un, pour qu’ils interviennent » déplore-t-elle.
Un manque d’action concrète
La mère de famille déplore le manque d’action des gouvernements face à ce fléau : « Personne ne réagit, l’État ne fait rien, ne fait pas de loi, n’oblige pas les réseaux sociaux à supprimer ce type de contenu » critique Laetitia. La misogynie peut être délictuelle si elle se caractérise par des discours haineux, des discriminations ou des violences verbales et physiques. « Un jeune français ne doit pas pouvoir tomber là-dessus » assène-t-elle.
Laetitia Curretti a déjà prévu de réagir une nouvelle fois, elle devrait lancer une pétition dans les prochaines semaines, demandant à l’État d’interdire les contenus sexistes sur internet. Elle envisage également de créer une association pour faire de la prévention, notamment auprès des jeunes.
On part en croisade, tant qu’on n’aura pas un retour on ne lâchera pas.
Laetitia Curretti
Mère de famille rhodanienne
Ce jeudi 3 juillet, Aurore Bergé, ministre déléguée à l’Égalité femmes-hommes s’est exprimée dans la matinale de TF1. Elle assure avoir convoqué les dirigeants des différents réseaux sociaux ainsi que des associations antisexistes et antiracistes. Le but : faire comprendre aux plateformes l’importance de supprimer rapidement ces contenus. Le jeune stéphanois a quant à lui était placé en détention provisoire et le parquet national antiterroriste s’est saisie de l’affaire.