Dans la région de Moscou, le Parti communiste russe (KPRF) a tenu son XIXe congrès, ce samedi 5 juillet. Plus de 200 délégués étaient présents ainsi que les ambassadeurs des pays amis – Chine, Cuba, Laos, Vietnam, 17 dirigeants de partis étrangers amis dont la Corée du Nord.

Trois ans après l’invasion russe de l’Ukraine, le numéro deux de l’administration présidentielle russe, Sergueï Kirienko a lu un discours du chef de l’Etat, Vladimir Poutine : « Chers amis, bienvenue aux délégués et invités du XIXe Congrès de l’élection officielle du Parti communiste de la Fédération de Russie ». Le président a salué « l’un des plus anciens grands partis politiques du pays » et conclu : « J’attends avec impatience de nouveaux travaux conjoints fructueux – pour le bien de la Patrie et de notre peuple ».

Le rétablissement de Staline

Depuis le 24 février 2022, le KPRF soutient « l’opération spéciale », le nom officiel que la Russie donne à la guerre qu’elle mène en Ukraine. Son dirigeant, le premier secrétaire général Guennadi Ziouganov qui a été réélu à l’unanimité par le Congrès a maintes fois repris le récit poutinien d’une guerre contre l’occident.

L’autre fait marquant a été d’adopter une résolution condamnant le rapport de Nikita Khrouchtchev adopté au XXème Congrès du Parti communiste d’Union soviétique (PCUS), en 1956. Pour le KPRF, il est « erroné et politiquement biaisé » et défend « le rétablissement de la pleine justice historique par rapport à Joseph Staline ». À l’époque, le XXe Congrès avait abandonné le culte de la personnalité, dénoncer les crimes et les excès du stalinisme.

Une chute dans les sondages

Dans une véritable réécriture de l’histoire, Guennadi Ziouganov a critiqué Khrouchtchev pour avoir démystifier « la modernisation Lénine-Staline » et ainsi « commis un crime devant les peuples ». Le premier secrétaire affirme qu’il s’agit de « faits falsifiés », « d’accusations fausses » déformant la vérité… La terreur, les crimes, les millions de morts et de déportés en Sibérie apprécieront.

Une stratégie gagnante à un an des élections législatives en Russie ? La formation politique ne cesse de dégringoler dans les sondages (9,7%) et se retrouve dépassée par celle des ultra-nationalistes du LDPR (11,2%). D’où, une volonté de s’adresser aux classes populaires avec une promesse : « Servons les travailleurs! ». Parmi les priorités, le KPRF acte une série de lois pour permettre l’augmentation des salaires, la réduction des prix pour les biens les plus consommés, la baisse des tarifs pour les services communaux, l’éducation et les soins de santé gratuits.

Urgence pour l’Humanité
Votre don peut tout changer

Faites vivre un média libre et engagé, toujours du côté de celles et ceux qui luttent
Je veux en savoir plus