Par
Anaelle Montagne
Publié le
7 juil. 2025 à 18h46
Ses premières phrases sont claires, presque éloquentes. L’homme qui se tient dans le box des prévenus ce jeudi 3 juillet est pourtant loin d’être sain d’esprit. Quelques jours auparavant, K., la trentaine, a jeté de l’ammoniaque sur un groupe de voyageurs, gare Matabiau à Toulouse. Depuis l’agression, l’une des victimes souffre d’une perte de vision et d’une brûlure aux yeux. Lors de l’audience de K. en comparution immédiate, les magistrats ont tenté de comprendre son geste.
Un homme schizophrène ?
Pourquoi faire preuve d’un tel accès de violence ? Sa schizophrénie, confirmée par une expertise psychiatrique menée en amont de l’audience, est une piste évidente selon les magistrats. Précaire, sans domicile fixe, le jeune homme originaire de Côte d’Ivoire dort à la gare depuis plusieurs mois, ce qui expliquerait sa présence sur place le jour de l’agression.
Mais les magistrats l’ont décidé : K. ne pourra pas être jugé ce 3 juillet.
Des éléments manquants
D’abord, parce que la victime la plus touchée par le jet d’ammoniaque a subi plus de séquelles que ce qui avait été initialement inscrit dans le dossier : son incapacité totale de travail, initialement évaluée à 8 jours, est en fait supérieure à 21 jours. La présidente réclame donc une nouvelle expertise, pour évaluer précisément les séquelles.
Une agression sexuelle en supplément
Autre point majeur justifiant le renvoi de l’affaire : ce jour, K. était aussi devant le tribunal pour une seconde affaire. Une agression sexuelle, survenue le 15 juin à Toulouse. Pour ces faits, aucune expertise psychiatrique n’a été conduite. La présidente en réclame donc une en vue de l’audience, renvoyée au 9 septembre 2025.
K. espérait pouvoir être intégré dans une clinique psychiatrique à Lannemezan, en attendant son jugement. La présidente a préféré le faire suivre par un médecin derrière les barreaux, pour éviter tout risque de récidive.
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