Un engin explosif artisanal, caché dans une poubelle, a explosé dimanche soir 7 juin boulevard Gravitz, dans le quartier de Saint-André (16e).

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« J’étais dans mon jardin quand j’ai entendu un grand boum, raconte Isabelle (*), une riveraine du boulevard Grawitz, à Saint-André (16e arrondissement de Marseille). Ça a fait bouger les murs. Une vitre a explosé chez moi. Les volets des armoires à gaz de la rue ont volé ».

Il était 19 h 30 ce dimanche 6 juillet soir lorsqu’un engin explosif artisanal, dissimulé dans un container à poubelle, a explosé dans la rue principale de ce noyau villageois. La déflagration n’a par chance pas fait de blessés mais la voiture, stationnée à côté, a été endommagée.

« Une plainte a été déposée et une enquête est en cours », indique la Préfecture de police. S’agit-il d’un acte isolé ? Cette explosion s’inscrit-elle dans un contexte délictueux plus large ? À ce jour, toutes les hypothèses sont ouvertes.

Cette explosion ravive la crainte des habitants de ce quartier, qui a souffert ces dernières années de l’emprise du trafic de drogue, des rodéos nocturnes, des occupations illégales de territoire et de l’habitat insalubre. « Depuis quelques mois, ça s’est calmé : le trafic est moins présent, il n’y a plus de rodéos… On pensait qu’on avait passé le plus dur. Mais, cette explosion nous fait peur. On a peur que ça reparte », commente un des membres du collectif de riverains.

Classé quartier prioritaire de la ville (QPV) depuis 2015, Saint-André et ses 1500 habitants bénéficient du groupement de partenariat opérationnel (GPO) du 16e arrondissement. Cette instance partenariale réunit tous les quinze jours l’ensemble des acteurs de la sécurité et les habitants, et notamment les CIQ, avec pour objectif d’apporter des réponses concrètes à la délinquance du quotidien.

Depuis un peu plus d’un an, la police municipale a dans ce cadre accentué ses patrouilles dans le quartier tandis que la police nationale a renforcé son travail d’enquête.

(*) : le prénom a été changé.