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David Saint-Sernin

Publié le

8 juil. 2025 à 6h04

C’est en quelque sorte le carnet de santé des galeries commerciales de l’agglomération de Toulouse. En ce mois de juillet 2025, l’Agence d’Urbanisme et d’Aménagement Toulouse aire métropolitaine (AUAT) a publié un précieux document qui permet de relever la dynamique des différents centres commerciaux de l’agglomération toulousaine. « Une photographie objectivée de la situation des centres toulousains en 2025 », introduit l’AUAT qui permet, en un coup d’œil de savoir quelles sont les galeries marchandes qui fonctionnent et celles qui sont dans le dur. Une infographie basée sur le taux de vacance dans les différents pôles commerciaux de l’agglomération et qui permet d’afficher les centres commerciaux, en difficulté, où il y a le plus de commerces fermés, et ceux qui tirent leur épingle du jeu. On fait le point.

Taux de vacance dans l’agglo de Toulouse plus élevé que la moyenne

Si vous avez circulé dans plusieurs centres commerciaux, le constat effectué par l’AUAT, sur la base d’un inventaire réalisé en avril 2025 sur 22 galeries marchandes disposant d’une surface de vente totale supérieure à 500 m2, ne pourra pas vous surprendre.

« Avec un taux de vacance de 21 % relevé sur l’ensemble des galeries analysées, l’agglomération toulousaine est dans une situation plus défavorable qu’au niveau national (16% de taux de vacance, bien que des disparités soient observées entre les centres. A l’inverse, la montée en puissance d’activités telles que la restauration ou les services reste modeste en 2025, avec respectivement 10 et 12 % des cellules commerciales concernées ».


L’offre commerciale des galeries marchandes de l’agglomération toulousaine en mars 2025. (© AUAT)
Le centre commercial de Saint-Orens :  une peu enviable pôle

L’infographie de l’AUAT « met en évidence un taux de vacance important » pour certains centres commerciaux.

Selon cette infographie les centre commerciaux où il y a le plus de commerces fermés sont ceux de Saint-Georges, de Saint-Orens-de-Gameville et de Roques-sur-Garonne, trois centres commerciaux dont Actu Toulouse a pu évoquer les difficultés ces dernières années, mais dont certains sont déjà engagés dans un plan de relance.

Excepté le centre commercial de l’Hippodrome, quartier de la Cépière, qui ne figure pas dans l’infographie, c’est le centre commercial de Saint-Orens qui est le plus en difficulté dans l’agglomération.

Il y a trois ans, Actu Toulouse décrivait « une descente aux enfers » pour cette galerie marchande. Trois ans plus tard, si la zone commerciale fonctionne avec notamment un redémarrage commercial prochain sur le bâtiment de l’ex-Alinéa, la problématique reste la même pour la galerie marchande de Saint-Orens qui souffre d’un manque d’attractivité. Déjà, en 2018, l’AUAT évoquait « un pôle commercial fragilisé ».  Pour l’heure, aucun plan de relance n’a été officiellement lancé.

Les Boutiques Saint-Georges : une relance partielle

Dans ce classement peu enviable, juste derrière le centre commercial de Saint-Orens, l’on trouve le centre commercial de Saint-Georges, renommé Les Boutiques Saint-Georges. Cinq ans après son chantier de réaménagement, le redressement du centre commercial n’est que partiel. En mars 2025, selon les chiffres de la direction, 23 cellules commerciales, dont les plus grandes, étaient ouvertes contre 17 fermées. Soit environ un peu plus de 60% des surfaces commerciales ouvertes dans le centre. Pour autant, sa direction ne baisse pas les bras, développe une nouvelle stratégie, et veut croire en des jours meilleurs comme elle l’a expliqué à Actu Toulouse ces dernières semaines. 

« Notre clientèle trouve le centre commercial plus agréable, mais il reste, au milieu de la galerie, un grand espace avec des cellules commerciales vides. C’est sur cette partie que nos efforts vont porter dans les mois à venir », expliquait Françoise Delor, sa directrice, en mars.

Roques : une pente très glissante, mais un plan à plusieurs millions d’euros

Le centre commercial de Roques-sur-Garonne se trouve dans une configuration similaire. Il y a quelques mois, Actu Toulouse le présentait comme un centre commercial « sur une pente très glissante ». 

« Il n’est pas encore question d’une galerie commerciale désertée comme au centre commercial de Saint-Orens, encore moins d’un centre commercial fantôme comme celui de L’Hippodrome à Toulouse, mais une partie de la galerie commerciale de Roques est tout de même désormais fermée, notamment un étage entier, qui est devenu un désert total », constatait à l’époque Actu Toulouse.

Depuis, en février 2025, l’agence Klépierre, propriétaire de la galerie marchande du centre E.Leclerc-Roques, a annoncé qu’elle va investir entre 10 et 15 millions d’euros pour repenser complètement son infrastructure. Un projet que nous vous avons présenté, dans le détail, il y a quelques semaines. 

Le centre commercial de Portet s’est redressé

À l’inverse, l’infographie de l’AUAT fait état de quelques redressements spectaculaires.

Notamment celui du centre commercial de Portet-sur-Garonne. En 2018, la même AUAT présentait ce pôle commercial comme celui qui présentait le plus de difficultés :

« Le pôle conjugue à la fois de l’obsolescence du bâti, de la vacance et des rotations d’enseigne ». Six ans plus tard, après un réaménagement des accès et une réorganisation de la galerie marchande, ce centre commercial a repris le chemin de la stabilité.

Compans a redressé la barre

Idem, au centre-ville, avec la galerie commerciale Reflets de Compans-Caffarelli, qui connaissait, en 2018, « vacance et turn-over » selon l’AUAT. Six ans plus tard, après un plan de rénovation, et surtout, une stratégie de relance assez précise et ciblée, ce centre commercial souterrain a retrouvé toute son attractivité. Conséquence, il y a très peu de cellules commerciales vides

Gramont et Fenouillet tirent leur épingle du jeu

La photographie de l’AUAT confirme la stabilité des autres centres commerciaux, qui se battent tous pour conserver des parts de marchés alors que comme le relève l’AUAT, « l’évolution des modes de vie, l’essor constant du e-commerce, les achats de seconde main et le développement de retail-park (centres commerciaux à ciel ouvert) en périphérie rebattent les cartes ».

Dans ce contexte, les centres commerciaux de Gramont et de Fenouillet, qui ont fait l’objet de réaménagement successifs pour Gramont, et d’une rénovation XXL pour Fenouillet il y a quelques années, continuent de tirer leur épingle du jeu. Quant à Blagnac et Labège, ils figurent sans surprise comme les deux pôles où la vacance est la moins importante pour les très gros centres commerciaux de l’agglomération. 

Blagnac et Labège 2, la course en tête

L’un comme l’autre continuent pour autant d’imaginer des évolutions. Blagnac a lancé la création d’un grand « pôle de loisir et de restauration », en face du cinéma. Quant à Labège 2, l’extension de sa galerie commerciale est en cours, avec en point d’orgue le déménagement de Zara dans les prochains mois. 

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