Par
Margot Nicodème
Publié le
8 juil. 2025 à 16h42
L’affaire était sensible, et les familles, dans un clan comme dans l’autre, visiblement éprouvées. Le 25 juin 2025, un jeune homme était jugé à Lille pour un homicide involontaire, survenu 3 ans plus tôt à Fretin (Nord). À l’issue d’une nuit de fête du côté de la place de la République de Lille, il conduisait une Mini Cooper qui est venue s’encastrer dans une Peugeot 308, sur une route départementale. Une mère de famille, aussi grand-mère, avait péri dans l’accident. Le prévenu, aujourd’hui âgé de 23 ans, a été condamné au paiement de dommages et intérêts à la famille de la victime, mais pas sur le plan pénal. Il a ainsi été relaxé, ce dont s’est félicité son avocat, Me Antoine Régley.
Homicide involontaire à Fretin : la circonstance aggravante de l’alcoolémie écartée
Il encourait jusqu’à 5 ans de prison, dont deux ans ferme, conformément à ce qu’avait requis la procureure. Le jeune homme, qui poursuit aujourd’hui une carrière d’animateur en club de vacances, est ressorti libre du tribunal de Lille, ce 8 juillet 2025.
La circonstance aggravante de l’alcoolémie a été « écartée », en raison d’un vice de forme qu’avait fait valoir Me Régley. Les prélèvements réalisés sur le prévenu, qui avaient alors indiqué un taux à 0,84 g/L de sang, n’ont finalement pas été retenus.
L’avocat synthétise : « Le nom du médecin ou de l’interne qui les a effectués n’a pas été indiqué dans un document rédigé par la police. On ne pouvait pas vérifier que c’était bien tel ou tel médecin. C’est un vice de forme. »
L’absence d’expertise en accidentologie, alors qu’elle est présente « dans 90% des dossiers » d’homicides involontaires, avait dit Me Régler à l’audience du 25 juin, a manifestement pesé dans la balance.
« C’est au ministère public d’apporter les preuves de la culpabilité du prévenu », rappelle Me Régley. Et d’ajouter : « Les parties civiles le vivent comme une injustice, mais c’est le tribunal du droit qui s’est exprimé, même sur un dossier à émotions fortes. »
Les dommages et intérêts à verser aux proches de la victime – enfants, petits-enfants, compagnon, gendre – avoisinent les 45 000 €.
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