Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, s’est rendu à Marseille en milieu de soirée aux côtés des marins-pompiers qui ont lutté toute la journée contre un incendie historique.
Un feu déclenché par un incendie d’automobile sur l’autoroute A55, parti en fin de matinée des Pennes-Mirabeau, localité limitrophe de la cité phocéenne, s’est rapidement propagé, poussé par un vent du nord causant des « sautes de feu jusqu’à 300 mètres », selon les pompiers.
Selon les éléments fournis par les pompiers, la progression a été fulgurante avec des avancées de 1.200 mètres par minute à certains endroits.
En quelques heures, le feu a parcouru 700 hectares en direction de la deuxième ville de France, entraînant à la mi-journée la fermeture de l’aéroport d’Aix Marseille Provence, le quatrième de l’Héxagone en nombre de passagers. Une reprise partielle du trafic a eu lieu à partir de 21h30, permettant notamment l’arrivée, sur place, du ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau.
Ce dernier est arrivé sur place peu après 22h. « Soutien à nos pompiers et forces engagés contre les incendies », avait aussi réagi le président Emmanuel Macron sur X.
Les conditions météo venteuses devaient durer « une bonne partie de la nuit […], mais on n’a plus de progression linéaire », a expliqué en fin d’après-midi le vice-amiral Lionel Mathieu, chef des marins-pompiers de Marseille. Plus de 700 pompiers étaient encore engagés mardi en fin de journée.
Quelques évacuations préventives – au moins 80 personnes à Marseille selon la préfecture de police – ont eu lieu et le système FR. alert a envoyé des textos recommandant le confinement à tous les téléphones bornant dans les zones concernées.
Dans la journée, le panache de fumée dégagé a provoqué sur Marseille une concentration en particules fines dix fois supérieure aux normes, selon Atmo-Sud, et s’étendait en mer sur une centaine de kilomètres, selon les images satellites.
Neuf pompiers ont été légèrement intoxiqués et une « dizaine d’habitations atteintes », selon le préfet de région Georges-François Leclerc, qui a qualifié vers 17h30 la situation de « pas figée, mais maîtrisée ».
« Oiseaux en flammes »
Arrivé à 16h00 aux portes des quartiers Nord de la cité phocéenne, l’incendie a poussé la préfecture et les autorités à appeler au confinement les quelque 15.000 habitants du 16e arrondissement, mélange d’habitat traditionnel villageois et de grandes cités, comme celle de la Castellane.
La police a bouclé le secteur, juste en dessous du centre commercial Grand Littoral. « Ils ne nous laissent pas rentrer », a témoigné une habitante bloquée avec son panier de courses.
Dans le quartier de l’Estaque, aux confins nord de la ville, Monique Peter, retraitée de 73 ans, a « déjà eu de gros feux comme ça en 2001, en 2005, en 2006, mais pas aussi rapidement. En l’espace de dix minutes, le feu est sorti des Pennes-Mirabeau, vraiment ça a fait un saut. Quand on était dehors, on a vu des oiseaux s’envoler en flammes ».
« On a été obligés de partir parce que les flammes arrivaient dans le jardin et les pompiers sont arrivés quatre heures après, tout simplement. Et depuis, on est là et on n’arrive pas à savoir si notre maison est encore debout », se désole-t-elle.
En fin d’après-midi, la circulation des trains passant près de l’incendie, notamment la ligne vers Paris, a été interrompue au départ et à l’arrivée de Marseille, pour une durée indéterminée.
L’hôpital Nord, un des plus gros établissements publics de la ville, « est passé sur groupes électrogènes, par mesure de sécurité, en raison de micro-coupures électriques », a indiqué l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille.