Un ULM en plein milieu du front entre l’Ukraine et la Russie. Inimaginable ? C’est tout le contraire. Comme le rapporte la chaîne YouTube Ate Chuet, Kiev a bien reçu fin juin son premier SharkU1, un avion ultraléger motorisé développé par une entreprise tchécoslovaque.

L’avion a d’ailleurs été présenté, en toute discrétion, lors du salon aéronautique du Bourget en juin dernier, en France. La société Shark Aero est partie de son ULM classique, le Shark 600, avant de développer le SharkU1, « une version axée sur la guerre électronique pour l’Ukraine », selon un responsable de l’entreprise interrogé par Ate Chuet.

« Une piste prometteuse »

Cet ULM, décrit comme « un chasseur de drones silencieux ultraléger » par les spécialistes, vise à venir compliquer les opérations menées par les drones russes comme le Shahed et l’Orlan, grâce notamment à deux composants techniques principaux.

Le premier va supprimer les signaux de positionnement GNSS et l’autre brouille les canaux de transmission vidéo et de contrôle des drones. Ces interférences vont créer des écarts importants avec la cible visée, et un brouillage prolongé peut même entraîner une perte totale du signal et provoquer le crash du drone.

Le SharkU1 peut neutraliser les drones ennemis dans un rayon de 4,5 km à une altitude de 1 800 m. L’ULM de guerre peut voler à une altitude opérationnelle maximale de 5 500 m. Grâce à son moteur Rotax à carburateur de 100 chevaux et d’un générateur renforcé pour alimenter des systèmes de guerre électronique supplémentaires, il peut survoler le front à une vitesse de croisière de 270 km/h pour une autonomie de 2 000 km. Sa vitesse maximale est de 300 km/h.

Mais tout ça à un coût, entre 300 000 et 400 000 euros. À noter que le SharkU1 est déjà certifié ultraléger en République tchèque, en Allemagne, et bien sûr en Ukraine, mais pas en France puisqu’il dépasse les 525 kg réglementaires à cause des équipements supplémentaires ajoutés au modèle de base.

Utiliser les ULM en temps de guerre, le commandant en chef des forces armées ukrainiennes ? Oleksandr Syrskyi a reconnu, en conférence de presse, qu’il s’agissait d’une « piste prometteuse pour contrer les Shaheds ». « Nous en possédons déjà, et d’autres sont en cours de développement grâce au soutien financier et matériel de nos partenaires étrangers. Cette capacité va se développer, a-t-il promis. Nous recevrons des avions modernes équipés d’armes et de systèmes de navigation avancés, ce qui renforcera notre capacité à contrer les frappes de drones russes. » Aucune autre livraison de SharkU1 n’a pour l’instant été confirmée.