Par

Maréva Laville

Publié le

10 juil. 2025 à 12h04

Mercredi 18 septembre 2024. Cette date, les parents de deux enfants âgés de 2 ans l’ont ancrée dans leurs mémoires. Ce jour-là, leurs progénitures s’amusaient à dévaler un toboggan sur une aire de jeux du parc Rosa Parks, à deux pas d’un collège éponyme du quartier des Izards à Toulouse. Mais la descente n’avait rien d’amusant cette fois-ci. Les deux enfants se sont brûlés, l’un d’eux ayant même nécessité une greffe de peau. « La première victime souffrait de brûlures sérieuses et était hospitalisée aux urgences de Purpan. La seconde victime, souffrant de brûlures plus légères, se voyait prescrire un traitement », rappelle le parquet de Toulouse. De la soude caustique (un produit corrosif, ndlr) avait été déversée par deux mineurs âgés de 12 ans. L’acte était-il volontaire ? C’est à cette question que les juges du tribunal correctionnel de Toulouse ont répondue mardi 8 juillet 2025.

Deux mineurs reconnaissent les faits

L’audience est intervenue dix mois après l’arrestation des deux mineurs de 12 ans suspectés d’avoir versé le produit sur l’attraction. Les 20 et 23 septembre 2024, ils étaient placés en garde à vue « pour avoir commis des faits qualifiés de violences volontaires aggravées (sur mineur de 15 ans, en réunion et avec arme par destination) et dégradation ou détérioration de bien destiné à l’utilité publique », relate le procureur de la République de Toulouse, David Charmatz.

Ils avaient reconnu l’intégralité des faits. Les deux compères avaient acheté le produit corrosif servant d’ordinaire à déboucher les éviers dans un magasin Aldi, à proximité de l’aire de jeux, l’avaient déversé sur le toboggan avant de le jeter dans une poubelle à proximité.

Ils ont exprimé « de profonds regrets sur les conséquences de leur action », souligne le procureur de la République. Pour mémoire, la victime la plus gravement touchée, un petit garçon nommé Waïl, a été brûlée sur plusieurs centimètres de peau, à l’arrière de la cuisse gauche. 

Des mesures éducatives provisoires en attendant le jugement

Des mesures éducatives judiciaires provisoires avaient donc été ordonnées par le juge des enfants, le 22 novembre 2024, en attendant la date du procès. « Mesures assorties d’un module de réparation », glisse le parquet de Toulouse.

Les deux suspects reconnus coupables (mais pas responsables)

C’est ce mardi 8 juillet que les deux collégiens ont connu leur sort. Le tribunal correctionnel les a jugés coupables, mais a estimé qu’ils n’étaient pas pénalement responsables en raison de leur jeune âge. Civilement, en revanche, ils le sont. Une décision à laquelle le parquet de Toulouse a indiqué ne pas faire appel.

Une seconde audience planifiée au 16 juin 2026 permettra de déterminer s’ils le sont et s’ils doivent indemniser le préjudice occasionné par leurs actes.

Une note qui risque d’être salée puisque les parents ainsi que la mairie de Toulouse avaient porté plainte. Face au danger potentiel pour les autres usagers, la Mairie aurait été contrainte de démonter (et de remplacer) les éléments de l’aire de jeux. Préjudice avancé par la collectivité : « près de 60 000 euros », selon le parquet de Toulouse.

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