Publié le
11 juil. 2025 à 18h56
Ce sont des faits « graves », d’une « sauvagerie caractérisée » qui ont été portés à la connaissance de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes, ce vendredi 11 juillet 2025.
Un habitant de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes), accusé d’avoir commandité l’extorsion ultra-violente d’un couple à Saint-Coulomb (Ille-et-Vilaine) il y a dix-huit mois, demandait à la justice sa remise en liberté avant son procès.
L’intrusion de deux individus cagoulés à 22h30
Le 22 décembre 2023, dans cette commune de la côte bretonne située entre Saint-Malo et Cancale, un couple avait en effet été « surpris » vers 22h30 par l’intrusion de deux individus « gantés », « visages dissimulés » et « armés » qui leur avaient réclamé « 400 000 € » ou « une clé USB de cryptomonnaie » alors que leur enfant de 2 ans dormait à l’étage.
Les jambes et les bras lacérés par un couteau
Le père de famille avait par la suite eu « les mains attachées au serflex » et avait reçu des coups au visage lorsqu’il avait déclaré ne pas « détenir l’argent ». Les malfaiteurs avaient « fouillé l’intégralité de la maison » et l’avaient « roué de coups », au point de lui « lacérer les jambes et les bras » avec un couteau. Ils lui avaient aussi mis « un canon [d’arme à feu, ndlr] dans la bouche », avaient menacé de « violer sa compagne » et de « jeter leur enfant par la fenêtre »…
«Des instructions au téléphone »
Les deux agresseurs étaient « en conversation téléphonique constante » avec « une ou deux personnes » qui leur « donnaient des instructions » et qui étaient « manifestement au courant de la configuration des lieux », avait expliqué par la suite le père de famille.
Ce dernier était finalement « parvenu à se défaire » et à s’emparer du fusil à pompe de l’un de ses deux agresseurs : une lutte s’était alors engagée et un « tir accidentel » était parti. La victime avait aussi « saisi un couteau céramique » et « frappé un agresseur ».
Partis avec deux lingots d’or
Les auteurs avaient « pris la fuite » mais étaient revenus quelques minutes plus tard pour « récupérer des objets compromettants » et « effacer les traces ». Au passage, ils en avaient profité pour dérober « deux petits lingots d’or » et « un casque audio ».
Une société de trading…
Le père de famille visé par cette extorsion travaillait pour « une société de trading » immatriculée en Grande-Bretagne et située à Dubaï. Il avait orienté l’instruction vers ses anciens collègues de travail : l’un d’entre eux, qui vit en Suisse, avait été lui-même victime de faits similaires quelques semaines plus tôt.
L’enquête avait rapidement permis d’identifier trois hommes, impliqués dans cette soirée cauchemardesque.
L’un des malfaiteurs a d’ailleurs « reconnu » par la suite sa présence en Bretagne le jour des faits pour « recouvrer une créance » sur « instruction d’un donneur d’ordres » pour « une histoire de bitcoin ».
Le commanditaire présumé serait le compagnon de l’actionnaire majoritaire de la société de trading. Il reproche au père de famille de Saint-Coulomb d’avoir détourné de l’argent au préjudice de l’entreprise.
Pas de remise en liberté
Cet homme de 42 ans, habitant de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes), – qui se rend lui aussi « tous les mois à Saint-Coulomb » voir de la famille – a ainsi été placé en détention provisoire le 8 juillet 2024.
Un an plus tard, l’avocat général de la cour d’appel de Rennes s’est opposé à sa demande de remise en liberté, craignant une « réitération » de ces faits d’une « sauvagerie caractérisée ». Le mis en examen a par ailleurs été condamné à « neuf reprises » pour des « menaces de mort », des « vols », des infractions à la législation sur les stupéfiants et des « violences sur une personne vulnérable ».
Le commanditaire présumé a ainsi été maintenu en détention provisoire.
C.B (PressPepper)
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