Quatre militaires de l’opération Sentinelle ont payé le prix fort de leur civisme, victime d’un conducteur qui n’a visiblement pas digéré leurs remarques sur sa conduite. Dans la nuit du 4 au 5 juillet vers 1 heure du matin, quatre soldats de l’opération Sentinelle profitaient de leur temps libre dans les rues de Saint-Étienne. Ces militaires, qui n’étaient pas en service, ont observé un automobiliste roulant à vive allure à l’approche d’un passage piéton.
Par réflexe civique, ils ont interpellé le conducteur pour lui demander de modérer sa vitesse. Cette intervention de bon sens, qui aurait dû se limiter à un simple rappel à l’ordre, a déclenché une escalade de violence totalement disproportionnée.
Loin d’accepter cette remarque de sécurité routière, l’automobiliste a réagi avec une agressivité démesurée. L’homme a d’abord proféré des insultes envers les quatre militaires avant de sortir un couteau et de s’en servir contre eux.
Cette attaque au couteau a blessé les quatre soldats au visage, nécessitant leur prise en charge immédiate au centre hospitalier de Saint-Étienne. Heureusement, leurs blessures ont été qualifiées de légères par les services médicaux. Après son agression, l’agresseur a pris la fuite au volant de son véhicule, laissant ses victimes sur le carreau.
Face à la gravité des faits, le parquet de Saint-Étienne a immédiatement ouvert une enquête pour tentative de meurtre. Cette qualification pénale, particulièrement lourde, reflète la dangerosité de l’attaque au couteau perpétrée contre les militaires.
La Direction interdépartementale de la police nationale de la Loire a été chargée des investigations pour identifier l’auteur et déterminer les circonstances précises de cette agression. Les enquêteurs ont rapidement pu exploiter un élément crucial : la plaque d’immatriculation du véhicule utilisé par le fugitif.
Un fugitif rattrapé à Besançon
Les investigations policières ont permis d’identifier rapidement le suspect grâce à son véhicule. Un mandat de recherche a été délivré par le parquet stéphanois, conduisant à l’interpellation du jeune homme de 21 ans à Besançon.
Cette arrestation a eu lieu le 9 juillet, soit quatre jours après les faits. Le suspect a d’abord été placé en garde à vue dans les locaux du commissariat bisontain avant d’être transféré à Saint-Étienne pour poursuivre les investigations.
La procédure judiciaire s’est déroulée avec une rapidité remarquable. Dès le 11 juillet, soit seulement deux jours après son interpellation, l’agresseur comparaissait devant le tribunal dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate.
La justice s’est montrée sévère envers ce jeune homme de 21 ans. Il a été condamné à trois années d’emprisonnement, dont six mois assortis d’un sursis probatoire. Cette peine de 36 mois de prison ferme témoigne de la gravité avec laquelle les magistrats ont appréhendé cette agression.
Des mesures d’accompagnement
Outre la peine d’emprisonnement, le tribunal a également imposé à l’agresseur une obligation de soins. Cette mesure vise à traiter les éventuels troubles comportementaux à l’origine de cette violence extrême et à prévenir la récidive.
Anne Gaches, procureure de la République de Saint-Étienne, précise que le condamné n’a pas fait appel de cette décision, acceptant ainsi la sentence prononcée.
La rapidité de la procédure judiciaire et la sévérité de la condamnation envoient un signal fort sur la tolérance zéro de la justice face aux agressions contre les représentants des forces armées et de sécurité.