Les désaccords portent notamment sur l’approche de Maurice Vincent et des socio-démocrates, dont l’intégration avait pourtant été évoquée publiquement en mai en présence du responsable d’Horizons. Le refus de l’ancien maire de rejoindre cette coalition révèle les difficultés à élargir cette union de droite.

À gauche, les négociations s’enlisent

Les discussions d’union entre PC, PS, EELV, l’association Sainté Populaire et LFI butent sur deux écueils majeurs : l’élaboration d’un programme commun et surtout la désignation de la tête de liste. Ces tractations, qui traînent en longueur, exaspèrent particulièrement La France Insoumise.

Les Insoumis reprochent au PS d’avoir annoncé prématurément son candidat dans la presse avant d’en discuter dans le cadre des négociations unitaires. Cette démarche unilatérale a été perçue comme une provocation par les autres partenaires potentiels.

LFI pose ses conditions et menace de partir seule

Dans un communiqué publié, LFI a clairement exprimé son refus de voir le PS incarner la tête d’une liste d’union. Le parti de Jean-Luc Mélenchon justifie cette position par le renoncement du PS auprès des électeurs, tout en maintenant la porte ouverte aux négociations.

Pour LFI, le refus d’une tête de liste socialiste constitue une route infranchissable. Les Insoumis mettent en avant leurs récents résultats électoraux à Saint-Étienne pour justifier leurs prétentions à mener une liste commune.

Le parti annonce qu’il désignera son candidat à la fonction de maire d’ici septembre et lancera sa campagne officielle à cette période, avec ou sans les autres formations de gauche.

Isabelle Dumestre, du PS, rejette les accusations de LFI et affirme n’avoir jamais quitté la table des négociations. Elle souligne que Régis Juanico n’est pas imposé comme tête de liste et que le parti reste ouvert aux discussions.

Les socialistes rappellent leurs propres résultats électoraux, notamment l’élection de Pierrick Courbon aux législatives, pour contester l’argument du poids électoral avancé par LFI.

Sainté Populaire arbitre les tensions

L’association citoyenne Sainté Populaire a organisé une assemblée populaire pour consulter ses membres sur l’attitude à adopter face à ces négociations difficiles. Quatre questions ont été soumises au vote de 73 participants.

Les résultats révèlent une préférence marquée pour LFI (134 points) en cas de désunion, devant EELV (62 points), le PC (46 points) et le PS (16 points). Cette consultation confirme la défiance envers le Parti socialiste déjà perceptible dans les débats internes.

Fanny Vincent, porte-parole de l’association, précise que cette proposition ne signifie pas nécessairement un membre de Sainté Populaire, mais une personne sans carte de parti et sans parcours politique traditionnel.

L’urgence du calendrier électoral

Toutes les formations s’accordent sur la nécessité de lancer la campagne dès septembre pour mobiliser un électorat favorable mais peu enclin à se déplacer habituellement. Cette contrainte temporelle ajoute une pression supplémentaire aux négociations.

L’enjeu dépasse les simples considérations partisanes : il s’agit pour la gauche stéphanoise de proposer une alternative crédible à la majorité actuelle dans un contexte où une large partie de la population souhaite un changement municipal.