L’afficheur varois Michel-Ange Flori fait à nouveau l’objet de poursuites devant le tribunal correctionnel de Toulon. Son procès doit se tenir le 10 septembre, a annoncé ce jeudi Samuel Finielz, procureur de la République de Toulon. C’est un visuel représentant un missile dont la tête a été remplacée par la caricature d’un rabbin qui vaut à l’afficheur d’être cité à comparaître pour « provocation publique à la haine ou à la violence en raison de la religion ».
Cette image a été diffusée en juin (et supprimée depuis) sur des réseaux sociaux et placardée sur deux panneaux publicitaires, à Toulon et à La Seyne, que leur propriétaire Michel-Ange Flori a transformé en espaces d’expression personnelle. Avec ce titre: « Missile rabbin pour écoles, hôpitaux, etc. »
Dénonçant » une caricature antisémite » et » un appel à la violence », l’Observatoire juif de France et la Licra avaient porté plainte dans la foulée. Le préfet du Var a quant à lui effectué un signalement auprès du procureur de la République de Toulon. Le parquet évoque également des signalements du pôle national de la lutte contre la haine en ligne du parquet de Paris, de la commune de La Seyne et » de particuliers ».
De quoi ouvrir une enquête confiée à la police judiciaire de Toulon.
Un autre procès à Aix-en-Provence
Ce n’est pas la première fois que l’afficheur, qui multiplie les prises de position dans le contexte de la guerre Israël-Hamas, est taxé d’incitation à la haine antisémite – ce qu’il conteste. Michel-Ange Flori avait comparu en mars devant le tribunal correctionnel de Toulon à la suite de la publication d’une affiche baptisée « Rabbi Macron ». Il lui était reproché de n’avoir pas modéré des commentaires antijuifs suscités par cette publication sur ses réseaux sociaux.
» Je suis scandalisé qu’on poursuive quelqu’un qui s’exprime par le biais d’affiches pour dénoncer un génocide (…) Alors quand on dit ça, on favorise l’antisémitisme? », avait réagi Michel-Ange Flori à la barre du tribunal.
Dans cette affaire, l’afficheur satirique a bénéficié d’une relaxe. Le parquet de Toulon a cependant fait appel de cette décision. Un nouveau procès devrait donc se tenir dans les prochains mois à Aix-en-Provence.