Des combattants de tribus bédouines circulent à moto, à Souweïda, dans le sud de la Syrie, alors que les affrontements avec des hommes armés druzes se poursuivent, le 18 juillet 2025. Des combattants de tribus bédouines circulent à moto, à Souweïda, dans le sud de la Syrie, alors que les affrontements avec des hommes armés druzes se poursuivent, le 18 juillet 2025. OMAR HAJ KADOUR / AFP

Des affrontements ont opposé, vendredi 18 juillet, des combattants tribaux, proches des autorités syriennes, aux groupes druzes aux abords de la ville de Souweïda, dans le sud de la Syrie, d’où les forces gouvernementales se sont retirées après des bombardements israéliens.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a fait état « d’affrontements à l’ouest de Souweïda entre des combattants tribaux et des Bédouins d’un côté, soutenus par les autorités, et des combattants druzes de l’autre ». Des combattants des deux bords ont confirmé aux correspondants de l’Agence France-Presse (AFP) des échanges de tirs.

Plusieurs combattants druzes ont déclaré au correspondant de l’AFP à Souweïda qu’ils répliquaient aux sources de tirs à l’ouest de la ville. Un chef tribal, Anas Al-Enad, a affirmé qu’il était venu avec ses hommes de la région de Hama (centre) « en réponse aux appels à l’aide des Bédouins ». Un correspondant de l’AFP a vu des maisons, des commerces et des voitures brûlés ou encore en train de brûler, dans le village druze de Walgha, désormais sous contrôle des forces tribales et des Bédouins.

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« Plus de 400 corps » à l’hôpital

Les affrontements ont éclaté dimanche soir entre combattants druzes et tribus bédouines locales avant l’intervention des forces du gouvernement syrien, accusées d’avoir également combattu les groupes druzes. Ces violences ont fait plus de 600 morts, selon l’OSDH.

Vendredi, l’hôpital gouvernemental de Souweïda a dit avoir accueilli « plus de 400 corps depuis lundi matin », parmi lesquels des femmes et des enfants. « Il n’y a plus de place à la morgue, les corps sont dans la rue », devant l’hôpital, a témoigné à l’AFP le médecin Omar Obeid, président de la section de Souweïda de l’ordre des médecins.

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 80 000 personnes ont fui leur domicile dans la province de Souweïda depuis le 13 juillet, dont 20 000 pour la seule journée du 17 juillet. L’organisation ajoute, dans un communiqué, que « les services essentiels à Souweïda, tels que l’électricité et l’eau, se sont effondrés », tandis qu’une « pénurie de carburant a paralysé les transports et a entravé les opérations d’évacuation d’urgence ».

Le haut-commissaire de l’ONU aux droits humains, Volker Türk, a appelé à des enquêtes « rapides » et « transparentes sur toutes les violations ». « Cette effusion de sang et cette violence doivent cesser, et la protection de toutes les personnes doit être la priorité absolue », a déclaré M. Türk dans un communiqué publié vendredi matin.

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« L’incitation à la violence et les discours de haine, en ligne comme hors ligne, doivent également cesser », a-t-il ajouté, considérant « essentiel que des mesures immédiates soient prises pour éviter que de telles violences ne se reproduisent ». Le haut-commissaire a également fait part de ses préoccupations concernant les informations faisant état de victimes civiles à la suite des frappes aériennes israéliennes sur Souweïda, Deraa et dans le centre de Damas.

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Israël a, de son côté, démenti vendredi les informations de l’agence officielle syrienne SANA selon lesquelles son armée a mené de nouvelles frappes aériennes jeudi soir près de Souweïda. « L’armée israélienne n’a pas connaissance de frappes nocturnes en Syrie », a déclaré à l’AFP un porte-parole militaire.

« Menace » pour la région

Le ministre des affaires étrangères israélien a annoncé que son pays allait envoyer de l’aide humanitaire aux Druzes de Syrie. « Dans le contexte des récentes attaques visant la communauté druze de Souweïda et de la grave situation humanitaire dans la région, le ministre des affaires étrangères, Gideon Saar, a ordonné le transfert urgent d’une aide humanitaire à la population druze de la région », a affirmé son ministère. L’aide s’élèvera à 2 millions de shekels (plus de 500 000 euros) et comprendra des colis alimentaires et des fournitures médicales, a-t-il ajouté.

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Le pouvoir syrien, qui dit vouloir rétablir l’ordre, avait déployé ses forces mardi à Souweïda, jusque-là contrôlées par des combattants druzes. L’OSDH, des témoins et des groupes druzes ont toutefois accusé les forces syriennes d’avoir combattu au côté des tribus et d’avoir commis des exactions. Un cessez-le-feu est entré en vigueur, mais la présidence syrienne a accusé jeudi soir dans un communiqué les combattants druzes de le violer.

Le président russe, Vladimir Poutine, a exprimé vendredi, lors d’une conversation téléphonique avec son homologue turc, sa « profonde préoccupation » face aux violences en Syrie, appelant à une « stabilisation », selon un communiqué du Kremlin. Ces combats « créent une menace pour l’ensemble de la région », a estimé Recep Tayyip Erdogan, ajoutant qu’il était essentiel, à ses yeux, qu’Israël ne viole pas la souveraineté syrienne, ont rapporté ses services.

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Le Monde avec AFP

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