Mercredi 16 juillet au tribunal de Saint-Étienne, l’audience tourne court faute d’un élément crucial : le nombre de jours d’ITT (Incapacité Temporaire de Travail) de la jeune victime. Cette lacune administrative, pourtant fondamentale pour qualifier juridiquement les blessures, contraint le procureur Henry De Poncins à demander le renvoi au 15 octobre.
Me Nathalie Charnay, représentant l’enfant blessé, rappelle la gravité de la situation : « Mon client est toujours alité et se déplace en fauteuil roulant. » Ces mots résonnent particulièrement dans un prétoire où les conséquences dramatiques de l’accident du 28 mai restent très présentes. L’état de santé préoccupant de l’enfant contraste avec les débats techniques qui monopolisent l’audience, soulignant le décalage entre souffrance humaine et procédure judiciaire.
Rodéo urbain ou accident : le débat fait rage
Le ministère public ne prend pas de gants en qualifiant le conducteur de 23 ans de « délinquant de la route » ayant commis « un rodéo urbain ». Cette accusation s’appuie sur un casier judiciaire déjà fourni : refus d’obtempérer, défaut d’assurance, illustrant un mépris récurrent du code de la route.
Me Latékoué Lawson-Body, avocat du prévenu, rejette catégoriquement l’accusation de rodéo et plaide la relaxe sur tous les chefs excepté le défaut d’assurance. Plus surprenant encore, il retourne le débat vers la responsabilité de la victime : « On n’a pas le droit d’être sur une trottinette électrique avant 14 ans. » Cette stratégie défensive, consistant à questionner la légalité de la présence de l’enfant sur la voie publique, révèle la complexité juridique des nouveaux moyens de transport urbain.
Malgré la demande de maintien en détention du parquet, le tribunal accorde la liberté au prévenu sous contrôle judiciaire strict. L’interdiction de conduire « tout véhicule terrestre à moteur » s’étend même aux vélos électriques, précision du président qui souligne l’évolution du droit face aux nouveaux engins de déplacement.
L’argument de la défense met en lumière un vide juridique persistant autour des engins de déplacement personnel motorisés. L’âge légal de 14 ans pour les trottinettes électriques reste méconnu du grand public, soulevant des questions sur l’information et l’application de cette réglementation.
Le renvoi à octobre laisse toutes les parties dans l’expectative, particulièrement la famille de la victime qui devra attendre plusieurs mois supplémentaires pour obtenir une décision de justice. Cette temporalité judiciaire, nécessaire à l’établissement de la vérité, pèse lourdement sur les proches d’un enfant dont l’état de santé demeure préoccupant.