Depuis le début de la guerre en Ukraine, Londres redouble d’efforts pour se dégager des hydrocarbures et a fait du nucléaire l’une de ses priorités. Cette stratégie s’inscrit également dans l’atteinte des ambitions climatiques britanniques, en complément des immenses champs d’éoliennes construits en mer.
Sizewell C verra sortir de terre deux réacteurs nucléaires de nouvelle génération de type EPR, capables d’alimenter six millions de foyers. Le projet est porté par le groupe français EDF, qui gère déjà le vieillissant parc nucléaire britannique et construit en parallèle une autre centrale nucléaire, Hinkley Point C, dans le sud-ouest de l’Angleterre.
Coûts en forte hausse
Le prix de 38 milliards de livres annoncé mardi représente une forte hausse par rapport au précédent chiffrage officiel de 20 à 30 milliards de livres, que de nombreuses sources jugeaient déjà dépassé. Toutefois, il reste environ 20 % plus faible qu’Hinkley Point C, fait valoir le gouvernement britannique.
Des critiques se sont élevées au Royaume-Uni pour pointer l’investissement jugé trop faible d’EDF dans Sizewell C et, en contrepartie, la part trop importante du financement qui pèsera sur le contribuable britannique. Le groupe chinois CGN avait été évincé du projet en 2022, permettant au gouvernement britannique de devenir actionnaire majoritaire.
Symbole de coopération franco-britannique
En France, où la relance de la filière nucléaire a été actée par le gouvernement, les autorités surveillent de près les dépenses d’EDF, une entreprise 100 % publique. Les sommes astronomiques et les dérapages de budgets associés aux projets nucléaires d’EDF au Royaume-Uni suscitent des inquiétudes.
L’Élysée avait toutefois érigé au début du mois ce projet en symbole de la collaboration avec Londres sur la relance de la filière nucléaire, lors de la visite d’État d’Emmanuel Macron au Royaume-Uni. EDF annonçait alors un investissement d’environ 1,1 milliard de livres.
Production attendue en 2035
Parmi les investisseurs privés annoncés mardi, Centrica a précisé dans un communiqué séparé un financement de 1,3 milliard de livres pour la construction de cette centrale. La production d’électricité ne devrait pas commencer avant 2035.
« La confirmation de l’investissement privé est très positive et témoigne de l’attrait croissant du nucléaire pour la transition énergétique », a salué mardi Simone Rossi, patron d’EDF au Royaume-Uni, cité dans le communiqué du gouvernement. Cette confirmation « pourrait également ouvrir la voie au financement de futurs grands projets nucléaires au Royaume-Uni », a-t-il ajouté.
Londres investit massivement dans la filière nucléaire : le gouvernement a promis le mois dernier d’injecter plus de 30 milliards de livres (35 milliards d’euros) pour relancer l’énergie nucléaire dans le pays. Ces fonds concernent non seulement Sizewell C, mais aussi des petits réacteurs et la recherche sur la technologie prometteuse de la fusion.
(AFP) Note : Cet article a été édité avec l’aide de l’Intelligence Artificielle.