Et si depuis 35 ans, ces sculptures font partie du paysage, les membres de Camino ont décidé de relancer la machine, et de renouer des liens avec les artisans du symposium de Hecho (Espagne), aidés par les régions Nouvelle-Aquitaine et d’Aragon. Depuis sept ans, cette ville espagnole a elle aussi relancé un cycle annuel de créations d’œuvres d’art.

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Recréer du lien

Pour faire le lien entre tous ces acteurs, Oloron peut compter sur Pierre Perez. Cet artisan oloronais a passé son enfance à Hecho, où il a découvert le premier symposium de sculptures en 1975. Arrivé ensuite en Béarn, il a aidé les sculpteurs invités par Camino à concevoir leurs œuvres lors du symposium de 1990. Et c’est donc tout naturellement que depuis plusieurs années, il donne son aide technique (et ses outils) aux créateurs aragonais, dont l’atelier se trouve en face de sa maison de vacances. Cet été, il a proposé à plusieurs artistes, dont la fille de Pedro Tramullas, Haizea, et aux membres de Camino de se retrouver chez lui, à Hecho, et de nouer des partenariats.

Ces quelques jours ont permis de bâtir de nouveaux projets, et la rencontre s’est poursuivie les 16 et 17 juillet derniers à Oloron. Au programme : marché des producteurs et découverte de la ville et des œuvres du symposium, en compagnie de l’ancien architecte Émile Vallès et de Didier Marion, véritable cheville ouvrière de l’association, heureux de ce projet transfrontalier : « On est ravis de ce renouveau après des décennies de pause ! Le dynamisme de Hecho a permis notre renaissance ».

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Exposition tout l’été

Pour soutenir le nouvel élan de l’association artistique, la mairie accueille tout l’été à la Maison du patrimoine une exposition consacrée au symposium d’Oloron, avec un focus sur le « Génie des Pyrénées » et son histoire mouvementée. Cette œuvre du sculpteur hollandais Mark Brusse, installée dans les lacets du Biscondau, a subi de nombreuses péripéties : déplacée, décapitée par des voleurs (sans doute pour récupérer le cuivre), elle reste particulièrement aimée des Oloronais pour sa symbolique onirique, et son esthétique à mi-chemin entre le crapaud et le chaudron. Récemment c’est la plasticienne Natacha Sansoz, aidée de collégiens du territoire, qui lui avait tricoté une nouvelle tête.

Preuve s’il en est que l’art contemporain présent dans l’espace public de la capitale du Haut-Béarn continue de vivre, et pourrait bientôt s’enrichir de nouvelles œuvres, en lien avec la nouvelle génération d’artistes de Hecho et les bénévoles passionnés de Camino, qui recherchent des forces vives pour les rejoindre dans l’aventure.