Statue de Jacques Cœur avant et

après le « nettoyage » ; photos comparatives publiées sur son compte Facebook

par le maire de Bourges
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19/7/25 – Patrimoine – Bourges – Un lecteur de La Tribune de l’Art nous a informé d’un fait intéressant : la statue de Jacques Cœur, nettoyée à l’eau sous pression par la mairie de Bourges (voir l’article), qui a donc été « restaurée » en dépit de toutes les règles et du code du patrimoine, n’est même pas la propriété de cette ville. Il s’agit d’un dépôt du Centre National des Arts Plastiques (CNAP), faisant partie de la collection du Fonds Régional d’Art Contemporain (FNAC), géré par ce Centre.

À l’interdiction légale de restaurer sans autorisation une œuvre d’art inscrite monument historique se rajoute donc dans la besace déjà bien chargée de la mairie de Bourges, l’impossibilité tout aussi légale de restaurer une sculpture qui ne lui appartient pas, dont elle n’est que le dépositaire, sans en informer son propriétaire. Il va sans dire que le CNAP, établissement public à caractère administratif, dont la mission est notamment de gérer des œuvres d’art qu’il conserve sur place, ou qu’il met en dépôt dans des musées ou des églises notamment, connaît, un peu mieux que la mairie de Bourges manifestement, la manière dont une statue doit être restaurée.

Le CNAP, que nous avons interrogé, a confirmé qu’il est propriétaire de l’œuvre. Il nous a précisé que la sculpture « est le résultat d’une commande passée à Auguste Préault en 1873 pour la Ville de Bourges. L’œuvre (PFH-7306) a été inaugurée en 1879 et est inscrite au titre des Monuments Historiques » et nous a confié « n’av[oir] jamais été informé en amont de ce « nettoyage » ».

Il ajoute avoir « pris contact avec la Ville de Bourges et demand[é], dans un premier temps, l’intervention d’un restaurateur pour évaluer les dégâts, et, en fonction du diagnostic, imposer la restauration voire le déplacement de l’œuvre vers un espace protégé, si nécessaire ».

Nous attendons d’en savoir davantage, et espérons que le monument n’aura pas trop souffert lors de ce « nettoyage ». Remarquons que la Ville de Bourges semble avoir décidément les élus qu’elle mérite. En effet, sur Facebook, un certain Alain Bouquin est venu expliquer sans rire que « la pression utilisée pour le nettoyage [était] la même qu’à la sortie d’un robinet de cuisine ». Ce monsieur fait preuve dans son profil d’une pudeur de gazelle, puisqu’on y lit seulement qu’il habite Bourges. Une recherche internet rapide montre pourtant qu’il y est « maire-adjoint délégué à la Citoyenneté », une mission qui en fait sans aucun doute un spécialiste de la restauration des sculptures…