Elle a conscience du « défi physique » que représente le jubilé, entre les nombreuses propositions spirituelles et culturelles sur la semaine et les temps de trajet avec l’une des sept d’écoles qui les reçoivent pour la nuit. Mais elle tenait à partager cette expérience avec les jeunes Lyonnais : « notre but, c’était de créer ce lien d’amitié avec eux, se rapprocher de ce diocèse avec qui on est jumelés » depuis les années 1990. « On a cette envie de montrer une bonne image de ce qu’on vit au Liban, partager cette foi avec les autres. La foi au Liban est peut-être différente de la foi en France mais c’est cet échange qu’on a hâte de vivre ».
« Recevoir l’espérance des jeunes de Lyon et transmettre celle que nous avons »
Depuis la crise qui a ébranlé le pays en 2019, la situation économique reste délicate pour les Libanais. Si le Liban organise bien un voyage jusqu’à Rome pour le jubilé, Pierre Pouillevet, le responsable du jumelage à Lyon, rappelle que les pèlerinages à l’étranger sont difficiles à financer pour de nombreux locaux. Alors Joëlle n’a pas hésité à poser 10 jours de congés quand le diocèse de Lyon l’a invitée à vivre ce temps de mise à part.
C’est important de prendre ce recul. Quand on a beaucoup de responsabilités, on se perd dans le quotidien. Ça devient plus difficile de prendre ce temps avec Dieu. On a pris le risque de prendre des vacances de notre travail, juste parce qu’on a besoin de ce temps de recul, d’être proche des autres, de l’Église et de Dieu.
Cette proximité avec Dieu, c’est aussi ce que recherche Elissa. Dans la délégation libanaise, elle est la seule à avoir vécu les JMJ au Portugal, déjà avec le diocèse de Lyon à l’époque. Si les deux événements lui permettent de vivre sa foi avec d’autres jeunes du monde entier, pour elle, « ce sont deux expériences différentes. Le Jubilé est plus intime. Pour moi aussi, il est important de recevoir l’espérance des jeunes de Lyon et aussi de transmettre à tous l’espérance que nous avons, comme Libanais. Nous avons vécu la guerre, les crises et toutes les difficultés. Pour moi, les espérances des jeunes Libanais, c’est très fort. »
« J’ai un message pour les jeunes Français : n’ayez pas peur »
Une espérance que Victor entend cultiver. Le jeune homme estime que devenir pèlerin ne se résume pas à « se déplacer vers l’autre, mais il faut faire un partage réel. Malgré les guerres, les Libanais ont montré une grande résilience grâce à notre foi. Alors j’ai un message à passer aux jeunes Français : N’ayez pas peur. Nous travaillons, nous avons des familles, nous avons beaucoup de responsabilités mais cela n’affecte pas notre engagement envers l’Église. Notre devoir est d’être un bon exemple devant l’autre ». Joëlle souhaite appeler les jeunes dont elle fait partie à « ne pas rester dans cette bulle qu’on crée autour de nous, de s’ouvrir vers les autres, parce que parfois, c’est dans les autres qu’on va trouver les réponses ».
Les principaux temps forts de ce Jubilé 2025 à Rome organisés par la Conférence des Évêques de France se tiendront mercredi et jeudi au lycée français Châteaubriand. Un lieu prêté également au groupe lyonnais pour leurs temps diocésains. Mais le point culminant de cette semaine sera la veillée à Tor Vergata samedi soir avant la messe avec le Pape Léon XIV. Une rencontre qui enthousiasme les Libanais. Elissa, qui avait déjà rencontré le Pape François aux JMJ, est pressée d’entendre « ce que le pape Léon XIV va nous dire en tant que jeunes ».