Connaissez-vous Hurghada? Il y a encore quelques années, Sabri, lui, n’avait jamais entendu parler de cette ville d’Égypte. Située au bord de la mer Rouge, ce nom ne représentait qu’un point sur une carte. Pourtant, aujourd’hui, c’est là-bas qu’il développe son activité professionnelle et sa vie personnelle. À 35 ans, ce Seynois est à la tête d’Hurghada Dream, une agence de tourisme francophone qui emploie des centaines de personnes et accueille des milliers de clients chaque année.
Le voyage qui change tout
L’histoire débute en 2017. À l’époque, Sabri a 28 ans et travaille comme éducateur spécialisé. Comme « tout jeune de cet âge, j’avais des envies d’évasion, besoin de couper », confie-t-il. Il décide alors de partir en voyage et s’envole pour l’Égypte. « Je voulais rendre visite à ma sœur installée au Caire. Mais elle a insisté pour que j’aille découvrir Hurghada ». Direction donc cette station balnéaire située à plus de 400km au sud-est de la capitale égyptienne. Sabri se laisse tenter. Il part seul, sans attente particulière. Et là, c’est le coup de foudre. » Dès mon arrivée, j’ai eu un déclic. Je me suis senti chez moi, c’était instinctif. J’ai été touché par l’atmosphère, la mer, la douceur de vivre, le côté encore préservé du tourisme de masse… Et j’ai tout de suite perçu un potentiel énorme. »
De retour en France, l’idée ne quitte plus son esprit. Pendant un an, Hurghada trotte dans un coin de sa tête. Finalement, il prend une décision radicale: il démissionne de son poste d’éducateur, fait ses valises et s’installe en Égypte. « Beaucoup m’ont dit que j’étais fou. Mais j’avais cette conviction profonde que j’étais au bon endroit, au bon moment. »
La naissance d’Hurghada Dream
C’est ainsi que naît Hurghada Dream, en 2019. Le concept est simple, mais assez unique sur place: créer une conciergerie touristique francophone qui accompagne les voyageurs dès leur arrivée, et proposer des activités locales. Toutes testées et approuvées par Sabri. Balades en quad dans le désert, sorties en mer pour nager avec les dauphins, découverte des pyramides de Gizeh ou encore excursions à Louxor… Sabri élabore chaque expérience avec soin. « Je voulais m’assurer que chaque activité est authentique, sécurisée, et adaptée à une clientèle francophone qui, souvent, ne parle pas un mot d’arabe. J’ai réussi à en tester des dizaines pour ne garder que les plus intéressantes et divertissantes. »
Hasard du calendrier, cette même année, l’Égypte accueille la Coupe d’Afrique des nations (CAN). L’événement sportif attire des milliers de visiteurs, » en particulier des Français « , indique-t-il. Sabri en profite pour se faire connaître sur les réseaux sociaux et lancer ses premières offres. Le succès est immédiat.
Une entreprise en pleine expansion
Depuis, Hurghada Dream a connu une croissance fulgurante. Sabri, toujours sur le terrain, s’est associé avec un expatrié allemand installé depuis des années à Hurghada. Ensemble, ils investissent dans une flotte de bateaux pour proposer des excursions en mer, en toute autonomie. Sabri, de son côté, apprend l’arabe égyptien en six mois et devient parfaitement bilingue. » C’était essentiel pour m’intégrer et développer des partenariats locaux. Et puis surtout aussi pour être indépendant. Je sais que je vais passer une bonne partie de ma vie ici, alors il fallait faire ce pas-là «
Aujourd’hui, l’agence est le leader sur ce marché-là. Elle compte 150 salariés (guides, chauffeurs, commerciaux, personnel d’accueil, etc.), plus de 20.000 clients annuels, 300.000 abonnés sur les réseaux sociaux et des locaux de 400m2 en plein cœur de la ville. Et les projets ne manquent pas. Fort de cette réussite et de cette ascension fulgurante, Sabri pense désormais à exporter son modèle. « J’ai envie d’ouvrir d’autres conciergeries touristiques dans le monde. Deux destinations sont dans mon viseur. Je ne peux pas encore en dire trop, mais je peux vous donner un indice: l’une se trouve au Moyen-Orient, l’autre en Amérique du Nord. » Une véritable success story à l’international, made in La Seyne.
Plus d’infos sur https://hurghadadream.com
Le Seynois est à la tête d’Hurghada Dream, une agence de tourisme francophone qui emploie des centaines de personnes et accueille des milliers de clients chaque année. Photo DR.
Ça reste entre nous : coups de cœur et petits secrets
Qu’est-ce qui vous manque depuis que vous avez quitté la région?
Mes repères, ma famille, mes amis d’enfance et surtout le cadre de vie et la tranquillité de mon sud natal.
Quelle ressemblance pouvez-vous trouver entre notre région toulonnaise et votre terre d’adoption?
Je dirais le soleil fréquent et la mer. Sinon tout, ou presque, oppose La Seyne et Hurghada : les gens, la mentalité, le paysage, la façon de vivre. Ce sont deux modes de vie différents et j’ai dû m’adapter. Après toutes ces années ici, je commence enfin à être familier avec toutes ces différences.
Si vous deviez amener un peu d’Égypte en France?
Je dirais probablement la mer Rouge, qui est incroyable. Les paysages, les îles, les eaux turquoise sont à couper le souffle. Dans le Sud, le cadre de vie est génial, mais ici, la nature est incroyable. C’est magnifique à observer au quotidien. Je suis chanceux de voir cela chaque jour…
Et si vous deviez ramener un peu de France à Hurghada, en Égypte?
Sans aucune hésitation: la nourriture! En vivant à l’étranger, une chose est certaine: je me rends compte de l’excellence de nos aliments en France. Rien ne détrône la cuisine française.
C’est d’ailleurs aussi ce qui me manque de la France: les bons produits, et la façon de cuisiner. On ne retrouve ça nulle part ailleurs. Fort heureusement, j’ai la chance de revenir régulièrement en France pour en profiter (rires).