En 2025, impossible d’ignorer ce constat qui interpelle toute une génération d’épargnants français : le temps des rendements savoureux sur le Livret A ou l’assurance-vie en fonds euros, c’est bel et bien du passé. Face à la chute des taux d’intérêt en Europe, nombreux sont ceux qui scrutent ailleurs, et notamment du côté du non coté – le fameux « private equity » –, pour muscler leur portefeuille. Risqué ? Certes. Mais prometteur ? Oui, à condition de bien comprendre les codes de cet investissement nouvelle génération, désormais plus accessible… et convoité que jamais.
Comprendre la ruée vers le private equity : quand l’épargne classique ne rapporte plus
L’essoufflement de l’épargne traditionnelle : un contexte de taux bas qui bouscule les habitudes
L’image d’Épinal de l’épargne de grand-mère sur le Livret A, refuge en toute circonstance, s’étiole. Avec des taux directeurs stabilisés entre 2,5 % et 3 %, la Banque centrale européenne signe la fin de la récréation pour les actifs dits « sans risque ». Les rendements de l’assurance-vie en fonds euros flirtent avec la monotonie, tournant autour de 2 % – à peine de quoi compenser l’inflation. Même les obligations gouvernementales ne font pas mieux. Le Français, longtemps adepte du matelas de sécurité, se retrouve face à un choix cornélien : accepter la disette ou explorer de nouveaux horizons.
Investir autrement : pourquoi le capital-investissement attire les épargnants en mal de rendement
Le private equity, ou capital-investissement, apparaît alors comme un terrain de jeu à part. Il consiste à investir dans des entreprises non cotées, avec l’objectif d’accompagner leur croissance et, idéalement, d’empocher en retour une partie de leur succès. En moyenne, ce placement affiche un rendement annuel dépassant 13 % sur dix ans : de quoi aiguiser les appétits, surtout quand les alternatives traditionnelles patinent. Cette quête de performance pousse épargnants aguerris et novices à s’intéresser à ce segment jusqu’alors réservé aux initiés.
Entre promesse de performance et nouveaux risques : ce que cherche (vraiment) l’investisseur
Accéder à la croissance des entreprises non cotées : une alternative séduisante à la Bourse et au livret
S’investir dans le private equity, c’est miser sur la croissance réelle de PME et d’ETI françaises, souvent championnes de l’innovation. Alors que les marchés cotés peuvent être chahutés, le capital-investissement promet une diversification qui fait sens : il se révèle globalement moins corrélé aux tempêtes boursières, ce qui attire ceux qui souhaitent stabiliser – et dynamiser – leur avenir financier.
Les rendements annoncés et la réalité : risques, volatilité et horizon de placement à bien mesurer
Mais gare à l’envers du décor. Si la rentabilité moyenne séduit sur le papier, elle s’accompagne de contreparties de taille. La durée d’immobilisation des sommes investies est longue : entre 5 et 10 ans, sans possibilité de retrait anticipé. Le private equity demande de la patience et du sang-froid, d’autant que les valorisations peuvent fluctuer. En 2024, par exemple, une correction de 15 % sur les valorisations des sociétés a pu refroidir quelques ardeurs, rappelant que le non coté reste soumis aux aléas économiques et géopolitiques.
Rendement moyen annuel (10 ans)
Liquidité
Horizon conseillé
L’attrait du private equity : pourquoi les investisseurs franchissent le pas
L’équilibre entre rendement et sens : des stratégies de diversification réussies
Les adeptes du capital-investissement évoquent généralement un double attrait : la possibilité de dynamiser le rendement de leur épargne, mais aussi la satisfaction d’investir dans l’économie réelle. Cette approche permet souvent de retrouver du sens en accompagnant des jeunes pousses prometteuses ou des PME locales en quête de croissance. Pour beaucoup d’investisseurs, une première expérience positive encourage à poursuivre dans cette voie, en renforçant progressivement leur allocation au fil des années.
Les points de vigilance essentiels : doser son exposition et rester réaliste
L’enthousiasme doit toutefois être tempéré par une approche pragmatique : le private equity exige discipline, prudence et une bonne dose de recul. La règle d’or consiste à ne jamais investir plus qu’on ne peut immobiliser sur le long terme, en acceptant que ce capital soit bloqué pendant plusieurs années. Les stratégies qui semblent porter leurs fruits incluent la répartition sur plusieurs fonds, les appels de capitaux fractionnés, et un accompagnement professionnel pour éviter les pièges les plus courants du secteur.
Private equity : une opportunité accessible à tous ? Les nouveaux visages de l’investissement non coté
Démocratisation ou illusion ? L’arrivée de solutions accessibles et la vigilance à conserver
Longtemps chasse gardée des professionnels et des fortunes privées, le non coté s’ouvre désormais à un public plus large. Grâce à l’entrée en vigueur de mesures facilitant l’intégration des fonds de private equity dans l’assurance-vie et le PER, les particuliers peuvent accéder à ce marché dès quelques milliers d’euros, en gestion pilotée ou via des fonds « evergreen ». La progression est spectaculaire : en 2024, quelque 26 milliards d’euros ont été investis, un bond de 16 % en un an. Cependant, la face cachée de cette démocratisation ne doit pas être négligée : derrière les promesses marketing, la sélection minutieuse des fonds et l’analyse des frais restent des étapes incontournables.
Accompagnement, transparence et formation : des clés pour mieux s’engager dans le non coté
S’équiper des bons réflexes devient indispensable : accompagnement par un conseiller en gestion de patrimoine, lecture attentive des documents officiels, et formation continue permettent d’éviter les erreurs coûteuses. En d’autres termes : investir dans le private equity, oui, mais pas à l’aveuglette ! Les plateformes s’efforcent d’améliorer la transparence mais exigent une sélection rigoureuse de la part de l’épargnant. Le mantra ? Mieux vaut prévenir que guérir.
Faut-il miser sur le private equity ? Ce qu’il faut retenir pour orienter son épargne dans un monde à faible rendement
Les principaux enseignements pour les investisseurs
Le capital-investissement, favorisé par un environnement de taux bas et une accessibilité croissante, gagne en légitimité face à l’essoufflement de l’épargne classique. Il séduit par ses performances potentielles, la diversification qu’il procure et sa contribution à l’économie française. En contrepartie, il demande d’accepter un niveau de risque plus élevé, une patience exemplaire et une approche dépassionnée concernant la liquidité des placements.
Quelques repères pour choisir sa stratégie face à l’évolution des rendements et des risques
Le dosage reste la clé d’une gestion patrimoniale équilibrée : les experts recommandent généralement de limiter son exposition au non coté entre 5 % et 15 % du patrimoine, selon son profil de risque. Pour maximiser ses chances de succès, privilégier la diversification (fonds thématiques, dettes privées, capital innovation), échelonner ses investissements dans le temps, et s’assurer d’un accompagnement professionnel pour analyser les frais et les stratégies de sortie. Le private equity représente une alternative attractive dans un contexte de taux bas, mais implique d’accepter un risque supérieur et une liquidité réduite.
Le capital-investissement émerge comme une réponse aux défis d’un environnement financier en transformation, sans toutefois constituer une solution miraculeuse. L’heure est plus que jamais à la vigilance et à la pédagogie : chaque prise de risque mérite d’être évaluée, comprise et anticipée. La place du non coté dans l’épargne des Français dépendra ultimement de la qualité de l’accompagnement proposé et de la maturité des investisseurs face à cette classe d’actifs exigeante mais potentiellement rewarding.