Par

Emma Derome

Publié le

5 août 2025 à 10h39

Quelques jours avant son départ en vacances, Sébastien a enfin rassemblé tout ce qu’il faut dans son sac de randonnée. S’il avait déjà la tente ou encore le matelas de camping, il lui manquait des bâtons de marche et quelques accessoires.

Au lieu de les acheter, ce Nantais les a loués à un particulier grâce à une nouvelle application désormais disponible à Nantes, appelée Poppins.

Du bricolage du dimanche aux loisirs des vacances

Vous avez sûrement déjà fait du covoiturage avec BlaBlaCar, acheté un téléphone reconditionné sur Back Market, ou envisagé de récupérer des viennoiseries ou des légumes qui allaient être gaspillés grâce à Too Good To Go. Ces trois applications sont parvenues à transformer nos usages, à nous rendre plus « écolos », tout en faisant sourire notre porte-monnaie.

C’est justement l’ambition de Lucie Basch, à l’origine de l’entreprise anti-gaspi, et aidée par les têtes pensantes de ces deux autres applis incontournables : faire de même avec Poppins, un service dédié à la location entre particuliers, avec pour objectif de remettre en circulation les millions d’objets inutilisés cachés dans nos placards.

Taille-haie, shampouineuse, vélo-cargo, siège auto pour enfant, livres ou encore appareil à fondue… En ouvrant l’application géolocalisée à Nantes, nous avons trouvé toutes sortes d’objets disponibles. Leur propriétaire ne souhaite pas forcément les vendre, mais propose de les louer pour différents prix à la journée, ou de les mettre à disposition gratuitement.

Sébastien a déjà prêté contre quelques euros plusieurs de ses propres affaires grâce à Poppins, qu’il utilise depuis quelques mois. « J’ai loué mon tapis de sol ultra léger qui me sert pour partir en bivouac à vélo. Je l’ai acheté assez cher, et je ne m’en sers pas tous les week-ends. Donc je suis content qu’il puisse servir à d’autres », nous explique-t-il, enthousiaste à l’idée que sa consommation puisse avoir un moindre impact sur l’environnement.

« Le réflexe, c’est toujours d’acheter, plutôt que de voir si un voisin ne peut pas nous dépanner. Et c’est dommage, alors qu’on pourrait aussi faire des rencontres au bout de notre rue par ce biais-là. » 

Sébastien, utilisateur de Poppins

12 minutes : le temps de vie d’une perceuse

« On stocke en moyenne 2,5 tonnes d’équipement chez nous », renchérit la cofondatrice de l’appli, Lucie Basch. « Ça veut dire qu’on a tous dépensé beaucoup trop de sous pour des objets qui sont, la plupart du temps, inutilisés. »

Or, comme l’expliquait une enquête de 60 millions de consommateurs de 2024, une perceuse est en moyenne utilisée pendant 12 minutes entre le moment où elle a été achetée, et celui ou elle finit à la déchetterie. Quand on sait qu’en Loire-Atlantique, chaque habitant produit 634 kg de déchets par an, dont plus de la moitié part à la déchetterie (chiffres Insee), on comprend que le bilan de notre consommation n’est pas glorieux.

« Chez Poppins, on voudrait que le partage devienne la norme. Qu’on passe de l’économie de la propriété à une économie de l’usage. Par exemple, pourquoi acheter un moule à gaufre alors qu’on va seulement en faire usage une fois par an, pour un anniversaire ou un brunch avec des amis ? » 

Lucie Basch, cofondatrice de Poppins

Si tout le monde peut télécharger Poppins en France, le système nécessite une communauté d’utilisateurs suffisamment actifs et proches géographiquement les uns des autres pour véritablement fonctionner. Nantes fait partie des villes les plus dynamiques, avec Bordeaux et Paris, selon Lucie Basch.

Le « Tinder des objets »

L’application en est malgré tout encore à ses prémices. Ainsi, il est fréquent que les profils de loueurs n’aient pas encore d’avis. « Pour le moment, je me suis fié à ma première impression lors des échanges par message ou par téléphone. On n’est pas obligé d’accepter une demande », assure Sébastien, pour qui tout s’est bien déroulé pour l’instant.

Il a toutefois évidemment pensé au risque de voir ses objets détériorés, mais dit avoir été rassuré par les garanties proposées et le paiement sécurisé. « S’il se passe quoi que ce soit avec l’objet, soit on aide le loueur à percevoir des sous de son assurance, soit on prend en charge la réparation ou le remplacement de l’objet », indique la cofondatrice. Gagner la confiance des utilisateurs semble être une clé de l’évolution de l’appli.

Au-delà des belles valeurs, les bénéfices économiques potentiels de l’utilisation de Poppins, dans une période financièrement instable, peuvent être intéressants. Certains louent des dizaines d’objets, et ont déjà récupéré « plusieurs centaines d’euros », assure Lucie Basch.

Bien sûr, louer pour quelques jours la crêpière bretonne de votre grand-mère qui prend la poussière au grenier ne va pas vous rendre riche. Mais cela pourrait vous apporter autre chose. « On nous appelle parfois le Tinder des objets », s’amuse la créatrice.

J’ai rencontré tellement de gens via Poppins, des personnes qui habitent à 200 mètres de chez moi et que je n’avais jamais croisé avant. C’est passionnant comme le numérique permet de recréer du lien social, de se reconnecter à l’endroit où l’on vit.

Lucie Basch

Pour stimuler encore un peu plus le partage sur Poppins, la start-up lance un appel à candidature pour devenir ambassadeur de l’application. Les plus convaincus par ce système pourront ainsi toucher une petite somme contre quelques heures de leur temps par semaine consacrées à le faire connaître. L’objectif de la plateforme est également de toucher des loueurs professionnels, qui peuvent également poster des annonces pour élargir leur clientèle.

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Les conditions sont disponibles ici et le formulaire de candidature est à retrouver

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