La salle du Palais de la Musique et des Congrès de Strasbourg était comble ce mardi -près de 1800 personnes- et surchauffée par les premières parties de Mickaël Quiroga, qui a coécrit le spectacle de Waly Dia et Umut Köker, « tête de turc » revendiquée.
Cette chouette mise en bouche donne le ton de la soirée et calibre la plume acérée sur un mode énergique et politique. C’est tout le talent de Waly Dia : on connaissait son sens du verbe. On découvre son aisance sur les planches. Une formule « 2 en 1 » qui donne un peu plus de coffre à son propos toujours engagé. Racisme et homophobie sont dans le viseur, les plus riches aussi. Et Macron n’est pas épargné.
Ça pique à tout va. Waly Dia dévoile au passage de vrais talents d’imitateur et une propension à distiller des sons sortis de nulle part. Bref, une vraie bête de scène qui déroule son parti pris et ne fait guère dans la nuance. Et le public, conquis (souvent d’avance), applaudit à tout va. Les rires fusent et certains y laissent même des plumes : le malaise d’un spectateur met le spectacle en pause. Rien de grave heureusement. De toute façon, mardi soir Waly Dia avait bien plus qu’une heure à tuer.