Un jeune homme de 21 ans est mort des suites d’une agression par arme blanche, vendredi 15 août, dans le quartier de Maurepas, à Rennes. « Les constatations sur la scène de crime permettent de supposer que les faits sont en lien avec l’activité d’un point de revente de stupéfiants, proche du lieu de découverte du corps », révèle le parquet du tribunal judiciaire de Rennes.
Des habitants résignés
Parmi les plus défavorisés de Rennes, le quartier de Maurepas, où habitent quelque 6 000 habitants au nord de la ville, a été le théâtre de ce drame. Il s’ajoute aux neuf fusillades que la capitale bretonne avait connues entre fin juillet et octobre 2024.
Malgré un contexte de nouveau explosif dans l’un des principaux points de deal de Rennes, la tranquillité et la quiétude avaient regagné le quartier en début d’après-midi. Les enfants s’amusaient avec les brumisateurs et sur les aires de jeu, pourtant situés juste à côté de la station de métro, où la victime a succombé à ses blessures.
Résignés, les habitants de Maurepas disent avoir, malgré eux, « pris l’habitude de vivre avec le narcotrafic ». Ils confient également leur « peur d’être des victimes collatérales », craignant plus particulièrement pour « la sécurité des enfants et des personnes âgées ».
On a pris l’habitude de vivre avec le narcotrafic
« La période du Covid, c’était le seul moment où on était en paix »
« Pendant la crise du Covid-19, c’était le seul moment où on était en paix mais maintenant, c’est redevenu comme avant », souffle une habitante, préférant rester anonyme par peur des représailles, comme beaucoup.
Pendant toute la journée, des fourgons de la police nationale et des patrouilles de CRS – déjà déployées, en octobre dernier, suite à la fusillade ayant notamment laissé un enfant de cinq ans handicapé à vie – ont quadrillé la zone, « afin d’occuper le terrain et de calmer les esprits pour éviter toute surenchère », confie une source policière.
Mais la sérénité ne regagnera pas tout de suite Rennes puisque, comme le révélait Le Télégramme dans son édition de mardi, un faisceau d’indices laisse penser que le clan Yoda, l’un des plus redoutables groupes de narcotrafiquants marseillais, a essayé de s’implanter à Villejean, un autre quartier victime, lui aussi, d’une guerre de territoires pour le contrôle du trafic de drogue.