Par

Thomas Bernard

Publié le

18 août 2025 à 17h58

À deux heures du coup d’envoi FC Nantes -PSG, de nombreux supporters prennent la direction des buvettes et friteries stationnées aux abords du stade de la Beaujoire. Un rituel pour les fans des Jaune et Vert. Ce dimanche 17 août 2025, c’était parfois la cohue pour se restaurer ou se désaltérer. La raison ? L’obligation d’acheter un repas chaud complet, une barquette de frites ne suffit pas, pour pouvoir consommer de l’alcool. Explications.

« C’est ingérable »

Les commerçants ambulants sont titulaires d’une licence restaurant, ne délivrant pas le droit de servir de l’alcool. « Les titulaires d’une licence restaurant ne peuvent servir des boissons alcoolisées qu’à l’occasion des principaux repas et comme accessoires à la nourriture », comme le rappelle Nantes Métropole sur son site internet.

Interrogé par Ouest-France, Pascal Bolo, adjoint à la Ville de Nantes* en charge de la réglementation des activités commerciales sur l’espace public, estime que cette mesure n’est pas nouvelle.

Les commerçants regrettent « la stricte application de ces mesures » par la Ville et la préfecture, comparée à la tolérance accordées lors des dernières saisons.

Des feuilles étaient affichées près des buvettes pour informer les clients.
Des feuilles étaient affichées près des buvettes pour informer les clients. (©Thomas Bernard / actu Nantes)

« Le problème, c’est que ça fait 40 ans que ça fonctionne comme ça. Du jour au lendemain, vous dites au client, je ne peux pas vous servir (d’alcool, N.D.L.R.) parce que vous êtes obligés de manger », fulmine Youssef Jnah, président de l’association des commerçants de la Beaujoire.

Autre point qui crispe les esprits, l’interdiction de vendre de la nourriture 30 minutes avant le coup d’envoi du match et la reprise de ce service 15 minutes après le coup de sifflet final.

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Aujourd’hui, nous trouvons que c’est une injustice. C’est une injustice pour cette demi-heure. C’est une injustice de toucher à une institution qui fonctionne depuis des années.

Youssef Jnah
Président de l’association des commerçants de la Beaujoire

Ce dimanche, une foule compacte attendait aux abords des buvettes tandis que d’autres supporters se frayaient un chemin pour accéder à l’une des entrées du stade. Pour contrôler la vente d’alcool, un système de ticket a été conseillé aux commerçants.

« C’est ingérable. On passe notre temps à expliquer aux gens qu’il faut acheter un repas. Il y en a qui comprennent. Il y en a qui ne comprennent pas », souffle le porte-parole des commerçants.

Interdiction en dehors du stade mais des distributeurs de bières à la Beaujoire

« Qu’elle soit motivée par des raisons commerciales, légales ou sécuritaires, cette nouvelle règle porte atteinte à la convivialité de notre stade », ont réagi des associations de groupe de supporters du FC Nantes, dans un communiqué publié le 16 août.

« On nous dit, vous arrêtez de servir une demi-heure avant. Soi-disant, c’est pour fluidifier la circulation mais avant : c’était pour Vigipirate, pour le passe sanitaire. Et puis comme ça, les gens rentrent et consomment à l’intérieur », énumère Youssef.

En vertu de la loi Évin de 1991, la vente et la consommation d’alcool à l’intérieur d’une enceinte sportive sont en principe interdites. Toutefois des dérogations temporaires ou permanentes peuvent être accordées par la mairie pendant une durée de 48 heures ou plus. Chaque association a le droit de demander dix dérogations par an.

Ce dimanche, plusieurs buvettes étaient installées au sein de l’enceinte de la Beaujoire. Certains supporters, contactés par actu Nantes, ont indiqué ne pas avoir acheté à manger pour consommer une bière.

Youssef Jnah est également en colère contre la présence de certains distributeurs de bières au sein du stade, comme signalé par des supporters des Canaris sur les réseaux sociaux. « Les distributeurs de bière, c’est le coup de grâce ! On a une tolérance zéro de notre côté mais on peut mettre des machines de l’autre côté ! »

Pour le marchand ambulant, l’application de ces mesures pousse les spectateurs à consommer à l’intérieur de l’enceinte, louée par le FC Nantes, au détriment des commerces.

En quelques années, les baraques ambulantes sont passées de 27 à 13. Parmi les 13 commerces ambulants, trois ont décidé de ne pas venir et reviendront au début du mois de septembre.

« Trois autres collègues ont arrêté leur buvette car ce n’est pas gérable. C’est trop compliqué à mettre en place d’autant plus qu’il n’y a pas assez de personnel », ajoute Youssef Jnah.

Les commerçants ont mandaté un huissier de justice pour constater l’application des mesures. Un rendez-vous avec les services de la mairie est prévu début septembre, après les trois premiers matchs à domicile.

*Contactée la Ville de Nantes n’a pas encore répondu à notre sollicitation

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