Par
Gabriel Kenedi
Publié le
20 août 2025 à 18h05
En juin dernier, l’association Anticor annonçait avoir déposé plainte contre le maire (ex-LR) de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, pour « détournement de fonds publics, complicité et recel de détournement de fonds publics, financement illicite de campagne électorale ».
Le parquet de Toulouse dessaisi, l’affaire dépaysée à Agen
Les faits pointés par Anticor, qui affirme être en possession de plusieurs documents, remonteraient à la période précédant les élections municipales 2020. Ce mercredi 20 août 2025, on apprend via Le Canard Enchaîné que le parquet de Toulouse a « obtenu fin juillet un dépaysement de l’enquête« , qui est désormais confiée au parquet d’Agen (Lot-et-Garonne).
À quelques mois des élections municipales, l’affaire apparaît en effet particulièrement sensible : car si les faits étaient caractérisés par la justice, ils pourraient potentiellement entraîner une peine d’inéligibilité à l’encontre de l’actuel locataire du Capitole. Le dépaysement du dossier – est donc une manière, pour la justice, d’éviter tout risque de collusions ou de pressions.
Que reproche Anticor à Jean-Luc Moudenc ?
Que reproche Anticor à Jean-Luc Moudenc ? Selon l’association, des éléments « laissent penser qu’à partir de septembre 2019, M. Moudenc aurait mobilisé des agents publics, notamment des membres de son cabinet et des fonctionnaires territoriaux, pour participer, sur leur temps de travail, à sa campagne électorale et œuvrer à sa réélection ».
Au total, toujours d’après Anticor, « une dizaine de collaborateurs » seraient concernés. Sur la base des documents qui lui ont été envoyés, l’association estime « qu’un système aurait été mis en place à cet effet, avec la participation active de son directeur de cabinet et de sa directrice adjointe ».
Vidéos : en ce moment sur ActuDe nombreuses réactions politiques
Le déclenchement de cette plainte avait entraîné de nombreuses réactions politiques au niveau local : le député (LFI) François Piquemal – par ailleurs candidat aux élections municipales – avait aussitôt demandé la démission du maire de Toulouse tandis que le finaliste malheureux des élections 2020 à Toulouse, l’écologiste Antoine Maurice avait annoncé « faire un signalement au procureur de la République sur la base de l’article 40 du code procédure pénale, pour demander que toute la lumière soit faite sur les conditions d’organisation de financement de la campagne municipale de 2020″.
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« Sur le fond, que des membres de cabinets de collectivités, dont le rôle est par essence politique, participent à titre personnel à la campagne électorale est très classique et très courant partout en France. En effet, appartenir à un cabinet d’élu ne prive nullement ses membres de leurs droits de citoyens et donc de la possibilité de participer à la campagne électorale de leur choix », avait de son côté souligné Pierre Esplugas-Labatut, porte-parole du groupe majoritaire Aimer Toulouse au sein du conseil municipal.
Jean-Luc Moudenc dénonce des « accusations outrancières »
Quelques jours plus tard, lors d’un conseil municipal particulièrement tendu, le maire de Toulouse s’était exprimé publiquement au sujet de ces accusations. Fustigeant « les accusations complotistes et outrancières lancées » contre lui, Jean-Luc Moudenc avait ensuite attaqué les élus d’opposition qui « font le parti dangereux pour le débat démocratique d’une politisation de la justice et d’une judiciarisation de la vie et du débat démocratique, tout cela, dans la perspective des prochaines élections ».
« Les Toulousains ne sont pas dupes de ces viles manœuvrés électorales, et ils discerneront ceux qui s’y seront vautrés, abandonnés, et ceux qui auront su garder distance et hauteur », avait-il renchéri. Avant d’ajouter : « J’ai ma conscience en paix ».
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