La Commission européenne a déclaré dans un premier communiqué être opposée à la nouvelle orientation protectionniste de l’administration américaine. « L’UE maintient des droits de douane parmi les plus bas au monde et ne voit aucune justification à l’augmentation des droits de douane américains sur ses exportations. Ces droits sont des taxes, et en les imposant, les États-Unis taxent leurs propres citoyens. »

L’UE a également déclaré vouloir protéger entreprises, travailleurs et consommateurs européens et réagir fermement contre les obstacles au commerce qu’elle estime injustifiés. L’entrée en vigueur, le 12 mars 2025, de droits de douanes de 25% sur toutes les importations américaines d’acier et d’aluminium a fait réagir la Commission européenne. À partir de mi-avril 2025, elle appliquera, sur une série de produits américains, des droits de douanes « proportionnés », destinés à affecter un même volume de marchandises, soit 26 milliards d’euros. 

Une telle escalade pourrait compromettre les précédents efforts de libéralisation commerciale et engendrer des effets économiques potentiellement négatifs. En renchérissant le prix des produits étrangers, les droits de douane ont un effet inflationniste, augmentent les coûts de production et pèsent sur le pouvoir d’achat des consommateurs. In fine, les droits de douane risquent de réduire les échanges. Compte tenu de l’ampleur des échanges entre les États-Unis et l’UE, ces effets négatifs pourraient être importants.  

Par ailleurs, de nouveaux droits de douane impliquent toujours une hausse de l’incertitude pour les entreprises. Pour répondre aux nombreuses questions des entreprises, le ministère de l’économie et des finances met à leur disposition un site dédié. Les effets des l’augmentation des droits de douane sont nombreux :

  • si les produits américains deviennent plus chers en Europe, l’éventail des choix du consommateur européen risque de se réduire et les entreprises européennes peuvent être contraintes de les remplacer, ce qui risque de perturber leurs chaînes de production ;
  • les entreprises des pays tiers, concernées par les droits de douane américains, pourraient décider de vendre leurs produits davantage en Europe, ce qui peut rendre la concurrence plus difficile pour les entreprises européennes ;
  • les entreprises pourraient être incitées à réduire ou retarder leurs projets d’investissement ;
  • une hausse des droits de douane peut avoir un effet à la hausse de la monnaie du pays qui les applique. Une telle appréciation rend les produits de ce pays plus chers sur les marchés internationaux et donc moins compétitifs ;
  • les pays concernés par les droits de douane sur leurs produits vendus aux États-Unis pourraient se rapprocher de l’UE et chercher à négocier des accords d’échanges plus favorables avec l’Europe.

Une riposte européenne par l’augmentation des droits de douane pourrait servir de levier pour négocier un moratoire ou une désescalade commerciale. Les États-Unis pourraient essayer de défendre leurs intérêts et, par exemple, exiger d’affaiblir, en faveur des entreprises américaines, la réglementation européenne en matière de données et de services numériques.

Enfin, il reste encore à savoir comment peuvent réagir les pays européens concernés non-membres de l’UE (Royaume-Uni, Suisse, Norvège…). Si ces pays européens ne participent pas à la réponse tarifaire de l’UE, ils sont en contact étroit avec la Commission européenne pour décider de la suite à donner.

Quels sont les principaux accords commerciaux régionaux en dehors de l’Europe ?

Alors que l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a mis en place des règles communes en matière de commerce international, de nombreux États concluent des accords commerciaux avec des pays voisins à l’échelle régionale. Quels sont les principaux accords commerciaux régionaux ? Ces accords sont-ils autorisés par l’OMC ?