Benjamin Duhamel pourra-t-il vraiment faire ses premiers pas sur France Inter ce lundi en recevant d’abord la romancière belge Amélie Nothomb à 7h50, puis l’ancien Président de la République François Hollande, une demi-heure plus tard ?
Rien ne semble si sûr ce samedi matin… 6 syndicats de Radio France (CFDT, CGT, FO, SNJ, SUD et UNSA) ont déposé début juillet un préavis de grève illimité à partir de ce lundi 25 août, jour de la rentrée des radios. Ils protestent contre les pistes envisagées par la direction de Radio France pour absorber les 5,3 millions d’euros de coupes budgétaires demandées par l’État sur fond d’économies généralisées à tous les étages.
« Nous avons réaffirmé nos attentes concernant aussi bien le positionnement local d’Ici (ex-réseau France Bleu) que les modes de production, en passant par la place du reportage et de l’investigation, l’avenir de Mouv’ (qui doit devenir une radio 100 % numérique) et la stratégie de diffusion », détaillent les syndicats dans un texte commun envoyé vendredi à l’issue d’une journée de négociations qualifiée d’échec.
On est confiant à Inter pour la première « Grande matinale »
La direction a promis de recevoir à nouveau les syndicats ce lundi à 14 heures, soit quelques heures après le lancement des nouvelles grilles. La clé pour ceux qui préparent la rentrée est de savoir si ce mouvement sera largement suivi ou non, en sachant que les grévistes ne sont pas tenus de se manifester avant leur prise de service. « Il suffit qu’un seul des techniciens prévu en régie ne soit pas là et une émission ne peut pas avoir lieu normalement », rappelle un connaisseur de la maison ronde.
Pour l’heure, côté Inter, on se montre confiant quant à la tenue de la première « Grande matinale » de Nicolas Demorand et Sonia Devillers. « On n’a aucune certitude mais on reste optimiste », souffle-t-on du côté de la première radio de France. « Le mouvement sera sans doute plus suivi à ICI que sur les radios nationales moins concernées », décrypte un visage du réseau local. D’autant que les salariés des radios nationales sont aussi très opposés à la réforme de l’audiovisuel public, contre laquelle ils ont fait grève avant la trêve estivale.
En plus des 5,3 millions d’économies déjà demandées, Radio France pourrait se voir imposer un effort supplémentaire de 4 millions d’euros. En 2023, l’État a versé 609,7 millions d’euros aux radios publiques, qui entre la publicité, le parrainage, l’édition, la billetterie et les événements a généré 68 millions d’euros de recettes propres. Avec 700 millions d’euros de budget annuel elle compte 5 000 salariés aux quatre coins du pays.