La Russie endure la pression d’un or noir devenu rare. Les scènes se répètent désormais dans tout le pays : à l’aube, des colonnes de voitures s’allongent devant les stations-service. Les conducteurs attendent parfois des heures pour faire le plein. Depuis le début de l’été, plusieurs raffineries stratégiques ont été touchées par des frappes ukrainiennes, réduisant de 10 à 15 % la capacité de raffinage nationale.

Dans certaines régions du sud de la Russie et jusqu’à Vladivostok, en Extrême-Orient, le prix de l’essence flambe. Un litre se négocie autour de 84 roubles, soit près d’un euro, une somme inédite dans un pays longtemps habitué à l’énergie bon marché.

En Crimée, la tension monte. Des automobilistes créent des groupes de discussion pour signaler les stations encore approvisionnées. Les autorités locales tentent de rassurer : « Il y a des problèmes logistiques, mais pas de risque de pénuries prolongées », assure le gouverneur de Sébastopol, Mikhaïl Razvojaïev, cité par Franceinfo.

Un phénomène « passager » ?

Le Kremlin présente la crise comme un phénomène « passager », sans évoquer directement les frappes ukrainiennes. Même discours du côté du ministère russe de l’Énergie qui attribue, lui, l’explosion des prix à « la demande saisonnière élevée et aux travaux agricoles », tout en évoquant une prolongation de l’interdiction des exportations en septembre.

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Pourtant, sept raffineries majeures ont été visées ces dernières semaines. Les réparations s’annoncent longues et les sanctions occidentales compliquent largement l’approvisionnement en pièces détachées. Pour tenter d’enrayer la hausse des prix, Moscou a suspendu ses exportations d’essence le mois dernier. Une mesure inédite pour l’un des plus grands producteurs mondiaux de pétrole, mais qui peine à produire des effets tangibles.

Au-delà des raffineries, l’Ukraine a aussi visé des trains de carburant et l’oléoduc Droujba, qui approvisionne la Hongrie et la Slovaquie. Conséquence : les livraisons vers ces deux pays ont été suspendues pour plusieurs jours. Une campagne qui, en frappant l’économie énergétique russe, commence à peser lourd sur le quotidien des automobilistes. Et qui pourrait, à terme, toucher bien davantage que les seuls prix à la pompe…

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