Dans la salle d’examen, les bruits aigus de la machine perkins font vibrer les lames du parquet. Dans un coin, Maria tape avec dextérité sur l’appareil qui lui permet d’écrire en braille. Aujourd’hui, cette jeune Ukrainienne de 33 ans et déficiente visuelle passe son examen pour obtenir son diplôme de langue française (Delf), à l’espace pédagogie et formation de France (EPFF), dans le 6e arrondissement de Marseille. « Ce test ouvre toutes les portes de l’intégration personnelle et professionnelle », se réjouit doucement Maria, dans un français parfait.

120 heures de formation, un diplôme et une demande de naturalisation

C’est en 2022, au début de la guerre, qu’elle fuit avec sa mère et ses sœurs, Tchernigov, un village du nord de l’Ukraine. 4 000 kilomètres plus loin, les quatre femmes atterrissent dans le 13e arrondissement de Marseille, à l’abri des bombes. Maria enchaîne les cours de français à l’union nationale des aveugles et déficients visuels, puis s’inscrit au dispositif « TrAmplin » grâce auquel elle suit 120 heures de formation. Depuis son lancement, 400 Ukrainiens ont été accompagnés dans leur recherche d’emploi, de formation ou encore pour passer l’examen du Delf du ministère…