Gyumri (Arménie), 23 août 2025 (AFP) – Une centaine de personnes ont manifesté samedi devant une base militaire russe en Arménie pour réclamer son retrait de cette ex-république soviétique, a constaté un journaliste de l’AFP.

Rassemblés à l’appel du parti proocidental « Au nom de la République » devant cette base déployée depuis 1995 à Gyumri, à 122 km au nord d’Erevan, la capitale arménienne, les manifestants ont brandi des pancartes clamant : « L’Arménie sans les bottes russes » ou encore « Seuls les soldats arméniens pour l’Arménie ».

« Nous réclamons que la base russe soit retirée du territoire arménien », a lancé l’un des organisateurs Arman Babadjanian, en estimant qu’elle « n’assure pas la sécurité, mais crée une menace intérieure ».

« La Russie doit quitter l’Arménie », a déclaré à l’AFP Anahit Tadevossian, 74 ans, en redoutant que les Russes « ne commencent à détruire » son pays « comme ils détruisent l’Ukraine » où une offensive russe de grande échelle est en cours depuis 2022.

Après la conclusion d’un projet d’accord de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan à Washington début août, censé mettre fin à des décennies de guerre entre ces pays rivaux du Caucase, « la présence de cette base et d’un contingent militaire (russe) n’a plus de sens », a affirmé pour sa part Rouben Mehrabian, 58 ans.

Une autre manifestation, organisée samedi devant la base à Gyumri par le mouvement « Mère Arménie », a réuni quelques dizaines de partisans de la présence militaire russe dans le pays.

Censée rester en place jusqu’en 2044 selon un accord russo-arménien, cette base « assure l’indépendance et la sécurité de l’Arménie et ceux qui sont contre elle, mettent en danger la sécurité et l’indépendance » du pays, a lancé l’un des organisateurs, Manouk Soukiassian.

Les relations entre Moscou et Erevan traversent une période de tensions depuis la reprise, par la force militaire, de l’enclave contestée du Karabakh par l’Azerbaïdjan en 2023, qui était contrôlée par des séparatistes arméniens depuis les années 1990.

L’Arménie, qui reproche à Moscou de ne pas l’avoir soutenue, a notamment gelé sa participation à l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), une alliance militaire entre anciens pays soviétiques chapeautée par la Russie.