Le bleu, profond, sans contraste, à perte de vue. Cette teinte cobalt monochrome et intemporelle, c’est celle choisie Stéphane Paugam pour mieux immortaliser les lieux emblématiques de la région. « Ça représente le Sud, mon humeur. C’est la couleur propice à la nostalgie et à la mémoire. Ça permet d’avoir un travail symétrique avec des perspectives et des lignes affirmées », explique le fondateur de Gravé du Sud.

Les Catalans, le Vallon des Auffes, Malmousque : Stéphane Paugam les grave dans le linoléum, cette résine naturelle d’ordinaire utilisée pour le revêtement des sols. Dans son atelier du 7e arrondissement, avec des gouges, Stéphane Paugam creuse une plaque de linoléum, utilise de l’encre à l’huile et effectue des allers-retours avec une presse sur du papier japonais. Tel un chiasme graphique, l’impression est inversée par rapport au motif gravé. La linogravure sèche ensuite entre cinq et sept jours. « Il y a beaucoup de ratés, c’est un vrai travail artisanal. Tout est fabriqué entre ces quatre murs, c’est une œuvre d’art », résume-t-il en regardant « Le cercle des nageurs », sa dernière création où se juxtaposent bleu royal et bleu turquoise.