Retiré sur les hauteurs de Manosque depuis qu’il a entamé sa « deuxième vie », l’écrivain René Frégni, garde de Marseille les souvenirs de son enfance, ceux de sa jeunesse. « On n’est pas d’un pays, on est de son enfance, aime-t-il rappeler, citant Antoine de Saint-Exupéry. Marseille, c’est comme ma mère. J’ai grandi avec elle, en lui tenant la main. »
De sa maison natale de Château-Gombert aux ruelles du Panier, en passant par celles qui l’obligeaient à « contourner les grosses poitrines des prostituées » près des Réformés, l’écrivain de 78 ans revient dans Marseille sur ses belles et rebelles années, celles qui ont précédé sa fuite en Corse, puis à Istanbul et ses séjours en prison pour désertion militaire, ses évasions et cette décennie passée en tant qu’infirmier à l’hôpital psychiatrique Édouard-Toulouse.
« Jeune, je me baignais aux Catalans ou aux Pierres plates, je flânais au jardin zoologique du parc Longchamp, j’entrais à l’œil au cinéma en passant par les portes de secours, je n’allais pas en cours, et préférais piquer un cyclo pour passer la journée dehors avec des copains, énumère-t-il. Cette transgression donnait plus de goût à ce qu’on vivait, c’était un peu Les 400 coups de T…