Dans ce troisième volet d’une série en neuf épisodes, S. Tartarin retrace la vie de son ami d’enfance Yvon Chotard, rencontré en 1968 et devenu avocat à Nantes pendant quarante-quatre ans.
À la fois mémoire et testament, entre roman et théâtre, ce troisième tome de Procès – Une justice interlope, un roman judiciaire autobiographique prévu en neuf tomes, évoque « 68 », une période charnière dans la vie d’Yvon Chotard et dans la société française. « En 1968, j’ai été en prison, le seul avocat de Nantes à avoir connu les geôles. À l’époque, la loi d’amnistie a été généreuse ». Le célèbre avocat, aujourd’hui à la retraite, est alors pion aux Sables d’Olonne. Il abandonne ses études de droit public et entend se consacrer à la révolution permanente. « Je n’ai pas eu une heure de cours à me reprocher, même pour lire le journal. Les étudiants salariés étaient hyper protégés… Comme j’avais été viré de mon poste de pion, les syndicats m’avaient trouvé un poste à l’Assedic. J’avais vingt-deux ans. Ma deuxième année en 1968 ; l’examen avait été organisé en deux épreuves avec documents… Même si on n’était pas spécialiste, si on savait écrire en français, on pouvait s’en tirer. »
Par la suite, Yvon Chotard est tout de même reçu premier au CAPA. « Cela m’a ouvert pas mal de portes. Mais elles se sont aussitôt refermées quand on a appris mon parcours en 68. » Ce troisième opus est l’occasion d’un regard personnel sur la révolution de 68 et son contexte à Nantes. L’occasion pour Yvon Chotard d’évoquer ses échanges avec de nombreux acteurs de cette période, notamment l’intellectuel Guy Debord : « Il était intraitable au sujet des complaisances coupables des maîtres à penser parisiens, avec Sartre au premier rang, compagnon de route sans états d’âme des staliniens russes et chinois. Le plus pertinent chez mon intransigeant ami, c’était cette lucidité critique féroce qu’il ne s’infligeait malheureusement pas à lui-même, fût-ce à dose homéopathique. »
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L’avant et l’après d’une drôle de révolution. Procès – Une justice interlope (Tome 3)
S. Tartarin
Éd. Le Traict Libre. 22 euros.
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