Une quinzaine de familles roumaines installées depuis 2010 dans un bidonville du quartier Doulon, à Nantes, font face à une procédure d’expulsion. Estimant ne pas avoir pu se défendre, elles ont saisi le tribunal judiciaire en tierce opposition.
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Le bras de fer s’intensifie. À Nantes, une quinzaine de familles roumaines, soit près de 60 personnes, sont menacées d’expulsion du terrain qu’elles occupent depuis 2010 dans le quartier Doulon.
Au début du mois de mai, la Ville de Nantes, propriétaire du terrain, a engagé une procédure judiciaire pour obtenir leur départ.
Dans un communiqué envoyé ce dimanche 24 août, les familles annoncent avoir, à leur tour, assigné la municipalité en justice.
La procédure avait débuté le 2 mai 2025, lorsqu’un commissaire de justice s’est présenté sur le terrain afin de signifier une assignation en référé à comparaître le 22 mai 2025. Mais le document était destiné à un individu qui n’habite plus dans ce bidonville.
« Au lieu de chercher son adresse pour lui remettre cette assignation, il s’est contenté de ce passage et de la réponse donnée par une personne non identifiée », rapporte le communiqué. L’audience du 22 mai s’est donc tenue sans la présence de la personne concernée, ni de son avocat.
Le 12 juin 2025, le tribunal judiciaire a tout de même rendu une ordonnance récvlamant « l’expulsion de M. M.L. et de tous les occupants sans titre ni droit de son chef ou non, au besoin avec l’aide de la force publique ». France 3 Pays de la Loire a pu consulter ce document, sur lequel il est bien précisé que l’huissier n’est pas parvenu à trouver le prévenu avant l’audience.
Les habitants du bidonville n’ont eu connaissance de cette décision que le 24 juillet dernier. « Pour nous, ça a été un bouleversement », nous avait alors confiés Cristina, la jeune femme de 25 ans quia grandi sur ce terrain du quartier Doulon.
L’avocat des familles estime que la procédure présente des vices, puisque les occupants n’ont pas été convoqués ni entendus.
« C’est pourquoi les familles du bidonville ont saisi le tribunal judiciaire en formant une tierce opposition à l’encontre de la décision du 12 juin 2025 », précise le communiqué.
Cette demande a été jugée recevable par le tribunal judiciaire et notifiée à la mairie de Nantes.
Contacté par France 3 Pays de la Loire, la municipalité n’a pas répondu à notre sollicitation à l’heure de la publication de cet article.
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