Laurent Vinatier, un chercheur français accusé d’avoir recueilli des informations militaires russes sans s’être enregistré comme « agent étranger », le 3 septembre 2024.(Photo by Alexander NEMENOV / AFP)

ALEXANDER NEMENOV / AFP

Laurent Vinatier, un chercheur français accusé d’avoir recueilli des informations militaires russes sans s’être enregistré comme « agent étranger », le 3 septembre 2024.(Photo by Alexander NEMENOV / AFP)

INTERNATIONAL – Il est enfermé dans une geôle russe depuis plus d’un an. Le chercheur français Laurent Vinatier purge une peine de trois ans dans une prison à Moscou. Convoqué pour une nouvelle audience ce lundi 25 août, il fait désormais l’objet d’une enquête pour espionnage, un chef d’accusation passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison. Avant cette échéance, ses parents ont décidé de prendre la parole et de partager leur détresse aux journalistes de France Télévisions.

Dans un reportage diffusé au JT de France 2 ce dimanche 24 août, la mère de Laurent Vinatier explique ne pas vouloir « imaginer » que son fils puisse être condamné à 20 ans de prison. « De toute façon, si Laurent est détenu pendant 20 ans, on ne le reverra plus de notre vie puisqu’on sera morts, c’est certain, vu notre âge. C’est inimaginable », déplore Brigitte Vinatier, assise sur un canapé de l’appartement familial à côté de son mari. Un logement où des photos de Laurent Vinatier sont accrochées partout.

Et Brigitte Vinatier poursuit dans ce reportage : « Notre fils espion, c’est absolument absurde quand on sait qu’il travaille pour une ONG où tout ce qui est fait est absolument transparent. » Son mari complète : « Pour un Russe, dès qu’on est étranger, on est espion ». Les parents parviennent à communiquer avec leur fils grâce à des lettres, qu’ils savent relues par les autorités russes.

Accusé d’avoir enfreint la loi sur les « agents étrangers »

Avant d’être interpellé à Moscou en juin 2024, Laurent Vinatier travaillait en effet comme conseiller au Centre pour le dialogue humanitaire, une ONG suisse de médiation dans les conflits. Devant le tribunal, ce chercheur chevronné a déclaré que dans son travail, il s’était toujours efforcé de « présenter les intérêts de la Russie dans les relations internationales ».

Le chercheur de 49 ans fait partie d’un groupe d’Occidentaux arrêtés en Russie alors que les tensions diplomatiques s’intensifiaient autour de l’Ukraine. Il a été reconnu coupable d’avoir recueilli des informations sur l’armée russe et d’avoir enfreint la loi sur les « agents étrangers », car il ne s’était pas enregistré en tant que tel.

Paris a exigé de Moscou la libération de son ressortissant, accusant la Russie de prendre des Occidentaux en otage. Les parents Vinatier espèrent désormais que Laurent pourra être libéré à la faveur d’un échange de prisonniers, contre des Russes détenus à l’étranger.