Principaux renseignements
- Zelensky a établi un lien entre la candidature de l’Ukraine à l’UE et la réponse de la Hongrie aux attaques de drones visant l’oléoduc Druzhba, une voie d’acheminement essentielle du pétrole russe vers l’Europe.
- La situation s’étend au-delà de la Hongrie, car la Slovaquie dépend aussi fortement de l’oléoduc Druzhba et les deux pays cherchent à obtenir l’intervention de la Commission européenne.
- La Hongrie a condamné les actions de l’Ukraine, exigeant la fin des actes hostiles contre sa sécurité énergétique, tandis qu’Orbán a cherché le soutien du président américain Trump.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a suscité la controverse en établissant un lien entre l’entrée rapide de l’Ukraine dans l’Union européenne et la sécurité énergétique de la Hongrie. Lors d’une conférence de presse, Zelensky a laissé entendre que la position de la Hongrie sur la candidature de l’Ukraine à l’UE dépendait de sa réponse aux récentes attaques de drones visant l’oléoduc Druzhba, une voie d’acheminement cruciale du pétrole russe vers l’Europe. Il a affirmé que Kiev avait toujours montré sa volonté de dialogue et de compromis avec la Hongrie, mais a souligné que l’avenir de leurs relations reposait désormais sur les épaules de Budapest.
Les remarques de Zelensky suscitent la controverse
La déclaration de Zelensky a fait sourciller, surtout si l’on considère les préoccupations actuelles concernant le traitement réservé par l’Ukraine aux Hongrois de Transcarpatie. Ses remarques impliquaient une menace voilée : L’Ukraine continuera à cibler Druzhba jusqu’à ce qu’Orbán lève son veto sur l’adhésion de l’Ukraine à l’UE.
La situation a des implications profondes au-delà de la Hongrie. La Slovaquie est également très dépendante de l’oléoduc Druzhba pour ses importations de pétrole. Les deux pays ont lancé un appel conjoint à la Commission européenne pour qu’elle intervienne, citant une déclaration antérieure reconnaissant la sécurité des infrastructures énergétiques comme une préoccupation de l’UE. Ils ont exprimé leur déception face à l’absence de mesures de protection concrètes malgré ces engagements.
Bruxelles a toutefois rassuré les deux nations en leur disant que leurs réserves de pétrole d’urgence pourraient les soutenir pendant au moins 90 jours, minimisant ainsi la menace immédiate qui pèse sur leur sécurité énergétique. Cette position permet à l’Ukraine de poursuivre ses attaques contre l’oléoduc.
Réaction Hongrie
Le Premier ministre Orbán a en outre lancé un appel au président américain Donald Trump, qui a condamné les frappes ukrainiennes et exprimé son soutien à la Hongrie. Orbán a déploré les actions apparemment ingrates de l’Ukraine, qui accepte l’aide hongroise tout en ciblant une ligne de vie énergétique vitale.
Le ministre hongrois des affaires étrangères, Péter Szijjártó, a répondu à la menace de M. Zelensky en demandant à l’Ukraine de cesser ses actions hostiles contre la sécurité énergétique de la Hongrie. Il a souligné que la Hongrie n’était pas impliquée dans le conflit et a condamné la violation de la souveraineté hongroise. Szijjártó a également critiqué la Commission européenne, l’exhortant à donner la priorité à sa responsabilité envers tous les États membres plutôt que de répondre aux exigences de l’Ukraine.
L’Ukraine défend l’autonomie de Zelensky
Le ministre ukrainien des affaires étrangères, Andrii Sybiha, a répliqué en affirmant l’autonomie de Zelensky en tant que dirigeant de l’Ukraine, rejetant toute ingérence de la Hongrie. Il a en outre exhorté la Hongrie à réduire sa dépendance à l’égard des sources d’énergie russes.
La tension est montée d’un cran lorsque la Hongrie et la Slovaquie ont demandé conjointement l’intervention de Bruxelles, mettant en garde contre d’éventuelles perturbations de l’approvisionnement en pétrole pendant cinq jours en raison de la grève des oléoducs. Ce développement souligne la position inébranlable de la Hongrie contre les mesures de l’UE visant à réduire la dépendance à l’égard de l’énergie russe.
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