À quelques centaines de mètres de la plage des Catalans (7e), les passants s’attardent quelques minutes devant le mur où un véritable feuilleton se dessine et s’efface au fil des jours. Le 17 août dernier, sous ce tunnel de la rue Félix-Frégier, un petit personnage est venu pointer du doigt le plexiglass qui recouvrait son voisin de renom, le graff du célèbre artiste britannique Banksy.

« Moi aussi ils vont me protéger derrière une vitre ? », interrogeait l’œuvre. Un appel à la réflexion sur les défis de l’éphémère street-art, entre risque de dénaturation et volonté de préservation, qui a bien vite été recouvert de peinture par les services de la Ville « à la demande de la copropriété privée », indique la municipalité.

« Il nous a questionnés sur ce qu’était une œuvre »

« C’est dommage… ce personnage me faisait beaucoup rire », soupire Christelle, face au mur vide. « En même temps, cet artiste a réussi son coup ! Il nous a questionnés sur ce qui était désigné comme une œuvre ou non, avant de partir, effacé par ceux qui estimaient qu’il n’en était pas une », résume cette habitante du 7e arrondissement.

Intriguée par ses propos, une habitante de la rue voisine réplique : « Si on se laisse envahir par ces saletés, on va finir comme le Cours Julien. » « Je suis désolée mais ça n’était pas de l’art ! », s’emporte-t-elle, avant de soutenir que seul le phare de Banksy tagué dans un jeu d’ombre avec le poteau qui borde le trottoir et orné de la phrase « Je veux être ce que tu as vu en moi » « mérite » d’entrer dans l’histoire.

Dès son apparition, le 30 mai dernier, l’œuvre avait été affublée de testicules avant d’être rapidement restaurée par le peintre marseillais Richard Campana et la peintre en décor du patrimoine Agnès Perrone. « Les premières nuits, il y avait même un agent de sécurité qui le surveillait », soutient un habitant de l’immeuble d’en face, désabusé. Désormais protégé par un vernis et une plaque transparente, le pochoir de la superstar est même répertorié sur Google Maps.

Rien de tel pour l’œuvre effacée dont l’auteur, Tapas nocturne, a réagi sur Instagram : « Ah bah ça alors, quelle surprise ! » Auteur d’une BD dans laquelle il compile ses différents graffitis, l’artiste a pour habitude de jouer avec son environnement. Son petit personnage a déjà été aperçu près du Cours Julien, sur les murs du Panier ou encore du Camas, en train de moquer les touristes, ou de dénoncer avec humour la gentrification de ces quartiers.

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