Achevé en décembre dernier, le mandat de haut-représentant en charge de la politique étrangère et de la sécurité de l’Union européenne de Josep Borrell a été marqué par des prises de position courageuses en faveur de la paix et d’une solution à deux États au Proche-Orient.
Sa liberté retrouvée, le socialiste espagnol tente de dessiner une autre Europe. Un bloc géopolitique qui ne se contenterait pas du suivisme atlantiste, et capable d’être à la hauteur des valeurs qu’elle brandit face à l’horreur qui se joue à Gaza.
Vous n’êtes plus soumis au devoir de réserve que vous imposait votre poste de haut-représentant en charge de la politique étrangère et de sécurité, qu’est-ce qui vous pousse à prendre la parole ?
Depuis que j’ai quitté mon poste, je n’ai cessé d’écrire et de parler. Je dis simplement ce que je pense avec plus de liberté. Les bouleversements du monde ne laissent pas vraiment le choix. Lorsque vous êtes engagé, les raisons de s’exprimer ne manquent pas.
Quand vous êtes haut-représentant, vous représentez non pas vos propres opinions mais le point de vue de l’ensemble des Vingt-Sept. Aujourd’hui, je ne représente que moi-même. Les événements, qui tournent au tragique, exigent de la fermeté, qu’il s’agisse de Gaza ou de la relation très préoccupante entre l’Europe et les États-Unis.
La soumission des Européens au président Trump est totale. Prenons les dernières décisions : l’augmentation des budgets de la défense à hauteur de 5 %, le diktat sur les droits de douane, la façon dont les dirigeants…