Au classement des entrées de ville les moins attirantes, elle serait sans doute très bien placée. Super large, coincée dans une zone industrielle en pleine métamorphose, la RN24 n’est clairement pas la carte postale de Rennes. Celle que l’on appelle plus communément la « route de Lorient » n’est pas seulement moche. Elle est en plus l’une des plus embouteillées de la capitale bretonne. Tous ceux qui doivent l’emprunter savent que chaque matin et chaque soir, elle sature, malgré ses larges dimensions. On ne va pas vous promettre la fin des embouteillages. Mais on va vous parler de ce qui va changer dans les prochains mois.

Dans le cadre de leur Schéma directeur d’agglomération de gestion de trafic (l’imprononçable SDAGT), la préfecture, la métropole, la région Bretagne et le département d’Ille-et-Vilaine vont créer une voie réservée aux transports en commun sur la RN24. Objectif : permettre aux bus et aux cars de gagner en régularité en évitant les bouchons sur plus de trois kilomètres.

Le futur visage de la route de Lorient, à Rennes, avec des voies réservées aux bus de part et d'autre.Le futur visage de la route de Lorient, à Rennes, avec des voies réservées aux bus de part et d’autre. - Rennes ville et métropole/Artefacto

L’aménagement, qui devrait être bouclé fin 2027, servira notamment à la ligne de trambus numéro 2 qui reliera Vezin-le-Coquet à Cesson-Sévigné. « Nous n’allons pas réduire le nombre de voies, simplement resserrer un peu tout le monde », assure Frédéric Lechelon, responsable de la Direction des routes de l’Ouest (Diro). La voie de bus s’installera sur la frêle piste cyclable, envoyant les cyclistes de l’autre côté de la route, sur une belle piste bidirectionnelle plus sécurisante.

La route de Lorient voit en moyenne passer 32.000 véhicules par jour, entraînant d’importants ralentissements. « Avec une voie dédiée aux transports en commun, on espère leur faire gagner quatre à cinq minutes », explique la Diro. L’ambition ? Rendre les bus plus attractifs et éviter le recours à la voiture solo. « Si l’on veut que les gens évitent de prendre leur voiture, il faut assurer une fiabilité du temps de parcours », détaille le vice-président de Rennes métropole Matthieu Theurier.

L’élu écologiste s’appuie notamment sur le succès de la voie aménagée sur la RN137 en provenance de Nantes où les bus ont réduit leur temps de parcours de quatre à dix minutes en période de pointe. « On a 25 % de fréquentation en plus », se félicite l’adjoint aux transports.

Pas de place pour le covoiturage

Ce chantier évalué à quatre millions d’euros va démarrer dans les prochains mois et aura parfois d’importantes conséquences sur le trafic routier, notamment quand la circulation sera réduite sur une voie au printemps prochain. « On s’attend à des journées très compliquées », reconnaît la Diro.

Le trambus de Rennes passera au pied du Roazhon Park et poursuivra son chemin sur la route de Lorient sur une voie dédiée aux transports en commun.Le trambus de Rennes passera au pied du Roazhon Park et poursuivra son chemin sur la route de Lorient sur une voie dédiée aux transports en commun. - Rennes ville et métropole/Artefacto

Contrairement à sa grande sœur aménagée sur la RN137, la voie de la RN24 ne sera pas ouverte aux covoitureurs. « Avec un trambus qui passe toutes les 7 minutes en pointe, on ne peut pas accueillir des voitures en plus », concède Matthieu Theurier. Les bus de Keolis et de Breizhgo pourront cependant l’emprunter.