Quatre-vingts ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le spectre d’une nouvelle guerre frappant l’Europe, et notamment la France, n’est plus de l’ordre de l’imaginaire. Pour preuve : le ministère de la Santé se met en ordre de bataille pour être prêt en cas de conflit qui aurait des répercussions sur le territoire.
Dans une instruction révélée cette semaine par le Canard enchaîné, et consultée par l’AFP, le ministère demande aux agences régionales de santé (ARS) de préparer l’installation, en cas de besoin, de centres médicaux de transit (CMT), sorte de gares de triage régionales de patients arrivant du front.
Ces plateformes auront pour mission d’orienter au mieux les blessés dans les hôpitaux civils – et également de les rapatrier vers leur nation d’origine lorsque les soins sont terminés.
Jusqu’à 100 patients par jour
Au niveau national, l’Etat qui agit en coordination avec l’Otan et l’Union européenne, se prépare à un scénario permettant la prise en charge « de 100 patients par jour pendant 60 jours consécutifs sur l’ensemble du territoire », avec des « pics d’activité atteignant 250 patients par jour pendant trois jours consécutifs », rappelle le document.
La démarche « fait partie de l’anticipation, comme les stocks stratégiques, comme les épidémies », a expliqué la ministre du Travail et de la Santé, Catherine Vautrin cette semaine sur RMC.
« Souvenez-vous », au moment du Covid-19 « il n’y avait pas de mots assez durs sur l’impréparation du pays. Il est tout à fait normal que le pays anticipe les crises, les conséquences de ce qui se passe. Cela fait partie de la responsabilité des administrations centrales, et heureusement », a-t-elle ajouté.
Sensibiliser les équipes soignantes
Infrastructures d’eau, de transport, d’énergie ou de santé, « de plus en plus, la Russie s’en prendra à nous […] c’est une forme d’état d’alerte permanent », a observé jeudi le ministre des Armées Sébastien Lecornu devant le Medef.
La revue stratégique 2025 prévoit également que « le renforcement du service de santé des armées et la modernisation de ses capacités de soutien et de ravitaillement seront effectifs dès 2026 », selon la source proche de l’exécutif.
Nos derniers articles sur la Russie
Par ailleurs le document appelle les ARS à faire « une large sensibilisation de la communauté soignante aux contraintes d’un temps de guerre, marqué par la raréfaction des ressources, l’augmentation des besoins, et la survenue d’éventuelles rétroactions sur notre territoire ».
« Les tensions majeures générées par ces afflux de patients dans un contexte dégradé appelleront une mobilisation massive des professionnels de santé », y compris des libéraux, souligne le document signé par le directeur général de la Santé, Didier Lepelletier.