Une femme ayant témoigné de violences sexuelles au Mali, dans le camp de réfugiés de Mbera, en Mauritanie, en août 2025. Une femme ayant témoigné de violences sexuelles au Mali, dans le camp de réfugiés de Mbera, en Mauritanie, en août 2025. CÉLIA CUORDIFEDE

Depuis que des « hommes blancs de Wagner » ont fait irruption, un matin de février, dans la localité de Nampala au Mali, Fatoumata voudrait « perdre la mémoire ». « Ce que j’ai vu, c’est sans doute pire que l’enfer », lâche-t-elle, la moitié du visage dissimulé derrière un voile multicolore qu’elle maintient avec ses mains pour « garder l’anonymat ». « Les Blancs ont violé plusieurs femmes, dont deux sous mes yeux et ceux de leurs enfants, juste à l’entrée de leur case. Je ne sais pas pourquoi j’ai été épargnée », débite-t-elle, peinant à retenir ses larmes.

Ce jour-là, les supplétifs russes de l’armée malienne, présents dans le pays depuis 2021, auraient débarqué pour la énième fois en convoi de plusieurs véhicules – « au moins quatre », selon Fatoumata – à la recherche de djihadistes ou de complices présumés. Les hommes peuls du village, souvent ciblés par les arrestations et les exécutions sommaires car assimilés aux djihadistes, s’enfuient alors dans la brousse.

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« C’est le rituel qu’on avait instauré, confie cette mère de famille toujours en état de choc. Dès qu’on entendait que les Wagner arrivaient, les hommes partaient se cacher. Mais cette fois-ci, ils n’ont pas épargné les femmes », poursuit-elle, assistée par une coordinatrice de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) au camp de Mbera, en Mauritanie.

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