Des véhicules de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), à Marjeyoun, dans le sud du pays, le 20 janvier 2025. MOHAMED AZAKIR / REUTERS
Le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) a décidé, jeudi 28 août, de prolonger le mandat de la Force de maintien de la paix dans le sud du Liban (Finul) et de programmer son retrait en 2027, un départ réclamé par Israël et les Etats-Unis.
La résolution, adoptée à l’unanimité, « décide de prolonger pour une dernière fois le mandat de la Finul (…) jusqu’au 31 décembre 2026 et de commencer une réduction et un retrait ordonnés et sûrs à partir du 31 décembre 2026 et dans un délai d’un an ».
Le premier ministre libanais, Nawaf Salam, a salué cette décision et remercié la France, à l’origine de cette proposition, ainsi que « tous les Etats amis » membres du Conseil de sécurité « qui ont fait preuve de compréhension à l’égard des préoccupations du Liban ».
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La Finul joue un rôle important dans la surveillance de la situation sécuritaire dans le sud du pays du Cèdre depuis des décennies. Elle a toutefois suscité des critiques, notamment de l’administration Trump qui a décidé de réduire drastiquement le financement américain de l’opération. « L’environnement sécuritaire au Liban est radicalement différent de celui d’il y a un an, ce qui crée un espace pour que [ce pays] assume une plus grande responsabilité », a déclaré l’ambassadrice américaine aux Nations unies, Dorothy Shea.
« Pour une fois, nous avons une bonne nouvelle de l’ONU », a déclaré, de son côté, Danny Danon, l’ambassadeur israélien à l’ONU, dans un message vidéo, accusant la Finul d’avoir échoué à empêcher le Hezbollah, le parti pro-iranien, de « prendre le contrôle de la région ».
Le Liban doit devenir « l’unique garant de la sécurité » dans le Sud
La Finul a été créée pour superviser le retrait des troupes de l’Etat hébreu du sud du Liban après l’invasion israélienne de 1978. Sa mission a été élargie après la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah, qui avait duré un mois. Après le nouveau conflit, en 2024, entre l’Etat hébreu et le groupe militant, les responsables libanais ont appelé au maintien de la Finul, affirmant que l’armée du pays, à court d’argent et surmenée, était dans l’impossibilité de patrouiller sur toute la zone par elle-même.
La résolution de l’ONU adoptée jeudi – et parrainée par la France – donne à la Finul jusqu’au 31 décembre 2027 pour retirer ses 10 800 militaires et civils, ainsi que tout son équipement. Durant cette période, la force internationale est autorisée à mener quelques activités limitées, comme assurer la sécurité et l’assistance au personnel de l’ONU, ou contribuer à la protection des civils et à l’acheminement en toute sécurité de l’aide humanitaire.
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La résolution de l’ONU affirme que l’objectif est de faire du gouvernement libanais « l’unique garant de la sécurité » dans le sud du pays, au nord de la frontière avec Israël, tracée par l’ONU et connue sous le nom de « ligne bleue ». Elle appelle l’Etat hébreu à retirer ses forces du nord de cette ligne.
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Les pays européens, notamment la France et l’Italie, se sont opposés à un retrait trop rapide de la Finul. Ils ont fait valoir que mettre fin à la mission de maintien de la paix avant que l’armée libanaise ne soit en mesure de sécuriser pleinement la zone frontalière créerait un vide que le Hezbollah pourrait exploiter.
L’ambassadeur adjoint de la France à l’ONU, Jay Dharmadhikari, a salué le vote unanime, affirmant que la cessation des hostilités entre Israël et le Hezbollah en novembre 2024 plaçait le pays du Cèdre sur la voie de la reconquête de sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire et vers la stabilité régionale. Selon lui, les opérations en cours de la Finul sont toujours vitales, soulignant que son mandat jusqu’à la fin de 2026 donnera à la force « un temps précieux (…) pour travailler aux côtés des capacités croissantes de la branche libanaise afin que la souveraineté puisse être étendue sur tout le territoire ». M. Dharmadhikari a averti que « tout retrait prématuré pourrait compromettre ou même affaiblir » cet effort.
Craintes sur la stabilité de la région
Les Etats-Unis ont salué les progrès du déploiement des forces libanaises, a déclaré l’ambassadrice américaine Dorothy Shea, et continueront à travailler avec elles « pour étendre leurs capacités alors que le Liban accomplit son travail essentiel de désarmement du Hezbollah ».
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Mais certains craignent pour la stabilité de la région après le départ des soldats de la Finul. L’ambassadeur algérien à l’ONU, Amar Bendjama, représentant arabe au Conseil de sécurité, a souligné qu’elle « demeure indispensable à la stabilité au Liban et dans la région » en jouant un rôle clé dans la désescalade des tensions, en soutenant la cessation des hostilités et en permettant aux forces libanaises de se déployer dans le Sud. Déclarant que les forces israéliennes sont toujours présentes au Liban en violation des accords passés, M. Bendjama a averti que « sans mettre fin à l’occupation israélienne des terres arabes, la paix et la stabilité dans la région resteront insaisissables ».
La résolution du Conseil de sécurité de l’ONU exhorte la communauté internationale « à intensifier son soutien, notamment en matière d’équipement, de matériel et de financement » aux forces armées libanaises.
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