Le château des Bruneaux ouvre le bal
C’est la première scène de ce spectacle d’une quinzaine de minutes. Un focus est effectué sur le château des Bruneaux, avec une série d’éléments dont la plupart se trouvent à l’intérieur de la bâtisse au style Louis XVI.
Le décor s’ouvre avec les portraits de la dernière descendante, Anne-Marie Anselmet des Bruneaux, et Jean-Baptiste de Charpin, chevalier et baron du Chambon-Feugerolles. Ils se sont mariés en juillet 1753. On y voit un piano en bas à droite de la façade, auquel un clin d’œil est effectué puisqu’un clavier défile au centre.
« Nous avons ajouté des éléments pour rendre la scène vivante, comme une danseuse de ballet ou un chat », souligne Estelle Baudet, directrice de production des Allumeurs de rêves, la compagnie qui a conçu le show.
Le salut des petits clous
On les voit partout. En boules, de toutes les couleurs, en forme de fleurs, etc. Les clous sont l’une des stars du spectacle. Première filière industrielle établie à Firminy avant les forges, l’aciérie ou la mine, aussi intégrées au show, la clouterie serait, selon la plus plausible des explications de la Société d’histoire de Firminy, à l’origine du nom des habitants de la ville. Les cloutiers ont fait leur apparition à la fin du XVIe ou au début du XVIIe siècle.
Les hommes travaillaient le fer en le chauffant pour en faire des clous et utilisaient une peau tannée en guise de tablier appelée “la pelou”, laquelle aurait donné son nom aux Appelous.
Au fait, au cœur de cette saynète colorée et entraînante, avez-vous bien noté que les deux cloutiers, armés d’un marteau, jouaient à l’épreuve du clou à enfoncer notamment popularisée dans le jeu télévisé Fort Boyard ?
Le Corbusier en poésie
Le patrimoine Le Corbusier de Firminy-Vert est évidemment à l’honneur. La Maison de la culture est le seul édifice (presque) achevé avant la disparition de Charles-Édouard Jeanneret-Gris, mort le 27 août 1965. Elle s’inscrit dans un ensemble composé également du stade, de l’église et de la piscine.
Sur les hauteurs de la ville, la construction de l’Unité d’habitation a été entamée en 1964 et inaugurée en 1967 par André Wogencsky, disciple de l’architecte. Dans une scène douce et poétique, le spectateur perçoit la façade de l’UH et les immenses fenêtres des appartements. Il remarque aussi les piliers de la bâtisse retravaillés, que l’on pourrait presque confondre avec des livres rangés dans une bibliothèque.
Le chantier de l’église Saint-Pierre a été arrêté en 1978 puis terminé entre 2003 et 2006. Dans le spectacle, la constellation d’Orion à l’intérieur de l’édifice religieux est représentée. « Cette illustration permet d’appuyer cette présence dans l’église », renseigne Estelle Baudet.
Dans un autre style graphique, dans la scène retraçant le passage de la flamme olympique à Firminy et la formidable quinzaine sportive de 2024, un match de football se dispute dans un stade surplombé par des maisons, comme celles de la rue de Saint-Just-Malmont au-dessus de l’enceinte sportive du quartier appelou, la seule de France classée aux Monuments historiques. « On essaie à chaque fois de revenir au lieu où l’on se trouve », rappelle l’une des créatrices du show.
Les festivités d’automne, Saint-Firmin, des balcons du centre-ville…
Créée officiellement en 1507, la Vogue des noix aussi fait rayonner Firminy chaque année au mois d’octobre tandis que le Corso a été lancé en 1972. Les événements festifs d’automne sont imaginés avec féérie par des manèges et attractions, des noix, l’élection de Miss Corso et même une voiture de rallye flanquée du numéro 42, rappelant le département de la Loire et l’épreuve automobile qui se déroule deux semaines avant le coup d’envoi de la fête foraine.
D’autres scènes mettent en valeur de manière artistique les quartiers de la ville ou encore l’église Saint-Firmin, colorée et stylisée, la Sainte-Barbe et les sapeurs-pompiers porteurs d’une torche, la mine où l’on apprécie la berline sur les rails, les mineurs et les lampes qui éclairent le chevalement qui encadre la porte du château des Bruneaux…
Au cœur du passage sur le passé industriel de la ville, ayez l’œil : des décorations inspirées des balcons de la rue Jean-Jaurès, autour de la place du Breuil, ont été intégrées.
Le spectacle est à voir tous les soirs jusqu’à 23 h 30.
Déjà une hausse d’affluence au château
Ouvert au public les après-midi, l’Écomusée des Bruneaux comporte une vingtaine de pièces. Sa mine témoin est actuellement fermée. Une lampe de mineur s’affiche sur la façade du bâtiment, notamment entre les projections. Depuis samedi, le site a connu un pic d’affluence. « Dimanche, nous avons eu plus de monde que d’habitude », se réjouit Yves Moulinier, président de la Société d’histoire de Firminy, dont les bénévoles ont élargi les horaires d’ouverture jusqu’à 20 heures le week-end.
« Cela permet aux gens de venir au château avant le spectacle, qui est une belle vitrine et une très bonne chose pour nous. D’autant plus que nous ne sommes pas près de revoir un tel événement dans la ville. »
Mercredi après-midi, 60 personnes qui devaient effectuer la croisière sur la retenue de Grangent ont remplacé cette activité par la visite de l’écomusée. Le bal de Firminy-Vert prévu dans le courant du mois prochain dans la cour, côté rue de Chanzy, devrait également apporter un flux plus important de visiteurs.